Plusieurs facteurs concourrent à cette explosion de vie : la nature des roches, dures ou meubles, la présence d'infractuosités, mais aussi la position par rapport au niveau marin ou encore l'alternance des marées et l'influence des embruns. Chaque habitat possède ainsi une faune et une flore qui lui son propre avec une sensibilité et une vulnérabilité aux impacts naturels et humains bien particulières. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les populations animales et végétales de chaque habitat ne se répartissent par au hasard et, chacune à leur place, reflètent la transition entre la mer et la terre.
AscidieNotre littoral a comme particularité de posséder des zones de balancement des marées (espace marquant la limite entre la marée basse et la marée haute, appelé aussi estran) très développées. De part et d'autre de l'estran, le milieu est terrestre ou toujours immergé (zone subtidale).
Les biologistes découpent la zone côtière en plusieurs étages (classification de Glémarec) et distinguent quatre niveaux où les végétaux se répartissent en ceintures successives, soumises aux variations d'intensité lumineuse et aux fluctuations du niveau de la mer.
Etage supralittoral
Situé au-dessus du niveau des hautes mers de vives-eaux moyennes (HMVEm, marées de coefficient 90-105), cet étage n'est recouvert que lors des marées d'équinoxe.
Toujours exondé, bien que parfois, temporairement humecté par les embruns et les vagues lors de tempêtes, il abrite une faune et une flore certes terrestres mais qui reste soumises aux influences marines.
Etage médiolittoral
Localisé entre le niveau des hautes mers de vives-eaux moyennes (HMVEm) et celui des basses-mers de mortes-eaux moyennes (BMMEm, marées de coefficient 35-50), il correspond sensiblement à l'estran où alternent plus ou moins régulièrement immersions et émersions. A cet étage, les organismes doivent pouvoir supporter de fortes fluctuations en peu de temps (salinité, température, exondation, etc.)
Etage infralittoral
Il est presque toujours immergé. Sa limite inférieure est aussi celle des algues ayant besoin de beaucoup de lumière. Il n'est accessible qu'en plongée ou par dragage, mais sa partie supérieure émerge pendant les marées d'équinoxe (grandes marées de vives eaux coefficient 110-115).
A cette profondeur , la lumière et la périodicité de ses fluctuations sont déterminantes pour les êtres vivants. La température est un autre facteur important. Les variations journalières peuvent être de quelques degrés, et la variation saisonnière est supérieure à 10 °C. Pour cette raison, cet étage est également dit cyclothermique journalier, bimensuel et saisonnier.
Etage circalittoral côtier
Il s'étend en profondeur jusqu'à 200 mètres environ et il n'y parvient qu'une lumière très atténuée. Il est peuplé d'algues pouvant vivre avec peu de lumière. Ces algues et les animaux qui leur sont associés peuvent aussi être présents jusqu'en surface dans des crevasses obscures ou des éboulis rocheux. Les fonds rocheux de cet étage n'hébergent plus que des espèces sciaphiles c'est-à-dire qui recherchent l'ombre ou qui prospèrent mieux à l'ombre.
A cette répartition verticale de la zone côtière, s'en ajoute une autre horizontale cette fois. Elle dépend des facteurs dynamiques comme la houle, les courants ou les vents dominants. On distingue alors des zones de mode battu, semi-abrité ou abrité.
Enfin, la turbidité, qui dépend de l'abondance des particules en suspension dans l'eau, joue également un rôle important dans le développement de la vie . Elle réduit la lumière, limitant par là-même le développement de la végétation et elle apporte des matières nutritives, favorisant le développement des animaux filtreurs.