Recherches complémentaires
Bruyère cendréeUn certain nombre d'éléments concernant le statut de certaines espèces végétales et animales a fait ou fait encore l'objet de recherchesapprofondies (Courlis [
1] - listes rouges des espèces végétales menacées du MassifArmoricain).Néanmoins, pour bon nombre d'autres, leur degré de rareté, de vulnérabilité, est méconnu ou dépend d'informations trop anciennes pour juger du niveau de danger ou non de ces espèces ou populations.
Une nécessaire actualisation, partiellement opérée dans le cadre des Znieff de 2e génération, est à promouvoir au niveau régional et plus particulièrement pour la faune invertébrée, ainsi que les plantes telles les lichens, les bryophytes (mousses) ou les champignons remarquables de ces habitats de landes, de pelouses et d'affleurements rocheux.
Certaines mesures de gestion, de restauration de ces habitats ne sont peut-être pas toutes favorables à tous ces éléments de la biodiversité même si les intentions sont bonnes [
2]. Rappelons par exemple que le pâturage extensif (faible chargement, < 0,8 unités gros bétail par hectares par an mais dans un enclos !) ne peut être un mode de gestion équivalent à celui d'un pâturage de parcours pour un troupeau ne résidant pas sur le site (usage ancestral). Cette réflexion s'applique particulièrement aux habitats oligotrophes type lande et pelouses associées.
L'expérience de gestion des landes du Cragou menée par la SEPNB nous apporte, avec d'autres, des éléments d'évaluation à mettre en correspondance avec les objectifs initiaux ou ceux apparus au fil des comités de gestion.
Fauvette pitchouSi les landes littorales et les pelouses renferment beaucoup de micro-taxons, bon nombre d'entre eux sont toujours des unités taxonomiques définies empiriquement ; des analyses sont à susciter dans ce domaine. La préservation des habitats des landes et pelouses littorales doit être renforcée, notamment afin de stopper leur fragmentation et leur isolement.
Entretien - restauration - réhabilitation
Ces 3 termes rendent compte d'objectifs différenciés selon la taille des sites, l'échelle d'intervention et les moyens mis en oeuvre pour assurer leur conservation et leur gestion.
Les landes étendues et peu fragmentées (Monts d'Arrée, Menez Hom, Massif de Paimpont, etc) - Il s'agit de maintenir ou de redynamiser un entretien et une gestion courante de ces vastes espaces. La fauche ou le gyrobroyage fournit une litière ou un broyat qui est valorisé par les agriculteurs. Les Opération locale agri-environnementale, animées par le Parc naturel régional d'Armorique, sont utilisées dans les Monts d'Arrée et peuvent être transposées ailleurs.
Les grands sites classés et archéologiques - Les landes sont un écrin pour des lieux à haute valeur culturelle tels que Carnac. Victime de leur célébrité, ces landes sont souvent menacées par le piétinement et l'érosion des sols. En fonction de l'état de dégradation réalisé ou potentiel, des mesures de restauration, voire de réhabilitation sont alors nécessaires.
La mise en défens et l'organisation des parcours piétonniers sont le plus souvent suffisants car la banque de semences du sol et la végétation périphérique, assurent la restauration (Cap d'Erquy, Pointe du Raz, Cap Fréhel par exemple).
Parfois l'état d'altération plus important et plus vaste nécessite des mesures de réhabilitation avec des aménagements plus conséquents (Pointe du Raz, Chaos de Ploumanac'h par exemple). D'autres grands sites, Château de Dinan, Cap de la Chèvre, Pen Hir, Pointe du Toulinguet mériteraient des mesures de restauration du type de celles pratiquées au Cap Fréhel.
Les mesures de gestion des sites archéologiques tels que Carnac obéissent à des contraintes supplémentaires comme la préservation des sols et la non introduction de matériaux exogènes, minéraux ou biologiques. Les mesures de réhabilitation ou de restauration doivent prendre en compte la micro-taxon, notamment en secteur littoral [3].
Réserves naturelles associatives et espaces des collectivités territoriales - Dans le cadre des réserves naturelles associatives (Conservatoire régional des espaces naturels) ou les espaces des collectivités territoriales, les modalités de gestion ont un caractère plus local, souvent du niveau de l'expérimentation, quelquefois associées à des tests de faisabilité technique (par exemple la Fédération centre-Bretagne environnement).
Les principales mesures de restauration concernent la fauche ou le gyrobroyage avec la contrainte d'enlèvement du produit. Compte tenu de la diversité systémique de la plupart des sites, le pâturage extensif par des animaux de races rustiques est souvent un mode de gestion poursuivi. Plus localement et selon un mode jardiné, l'étrépage est pratiqué afin de générer des micro-habitats favorables au retour d'espèces patrimoniales, rares ou protégées.