Qu'est-ce qui fait proliférer les micro-algues marines ?
Dernière mise à jour le 26 juin 2008
Phénomène naturel, les proliférations marines sont renforcées par les apports continentaux excessifs en azote et phosphore. Ceux-ci transitent vers la mer par le biais des cours d’eau.
En France, les scientifiques ne recensent que depuis peu les proliférations de micro-algues et leur évolution reste difficile à prévoir. Car elles sont régies par plusieurs facteurs : la température, la salinité, la lumière, les quantités de sels minéraux, le broutage ou non par les herbivores, les courants, le brassage des eaux, l’accroissement des échanges maritimes internationaux avec éventuellement l’introduction de nouvelles espèces de plancton, etc.
En Bretagne, les proliférations sont plus fréquentes sur les côtes sud et ouest. Si les conditions propices au développement massif de micro-algues non toxiques sont aujourd’hui relativement bien connues, ce qui détermine l’apparition et la croissance d’espèces produisant des toxines reste à élucider.
Tous les ans, certaines espèces de phytoplancton prolifèrent naturellement dès lors que le milieu devient favorable. C’est le cas en général au printemps lorsque la luminosité augmente et que les températures s’adoucissent. Des eaux côtières riches en éléments nutritifs (azote et phosphore) et peu agitées offrent alors souvent un milieu propice à une floraison printanière.
Après la mort de cette première vague de phytoplancton, le recyclage des éléments nutritifs rend des floraisons secondaires possibles en été et en automne. La population phytoplanctonique s’adapte donc aux conditions du milieu, par une succession d’espèces répondant au mieux aux variations physiques et à la qualité nutritionnelle des eaux.
La turbulence de l’eau sélectionne également les espèces les plus adaptées : les dinoflagellés se rencontrent souvent dans des masses d’eau stratifiées alors que les diatomées préfèrent l’eau brassée.
Sur le littoral breton, les scientifiques ont aussi remarqué le rôle particulier des fronts thermiques saisonniers. Au large des côtes bretonnes sud et en baie de Douarnenez, ils seraient favorables à la production de micro-algues.
Les proliférations phytoplanctoniques sont un phénomène naturel, certes mais qui s’est accentué en Bretagne en raison des quantités importantes en azote et phosphore d’origine continentale apportées par les cours d’eau. En particulier, l’augmentation forte des teneurs en azote relativement au silicium et même au phosphore crée un déséquilibre favorable aux micro-algues n’ayant pas de coque siliceuse (les flagellés) au détriment des diatomées qui, elles, ont une coque siliceuse. C’est ce que les scientifiques appellent dystrophie. Ce phénomène renforce la présence d’espèces sources de nuisances écologiques pour les milieux aquatiques.