En 2002, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et la Fédération nationale des chasseurs ont signé une charte qui défini un cadre de fonctionnement pour le réseau Bécasse. Pour chaque département, deux interlocuteurs techniques sont désignés dans chacun des deux organismes. Ils coordonnent les différentes activités du réseau au sein du département et transmettent les informations à l’échelon national. Coordinateur national, l’ONCFS met en place les protocoles d’étude, analyse les données et diffuse les résultats.
Le réseau Bécasse s’intéresse au suivi des effectifs migrateurs, hivernants et reproducteurs, aux variations de la migration et des déplacements en hivernage, et enfin à l’estimation des taux de survie. Il utilise le baguage, analyse les tableaux de chasse et recense le nombre d’oiseaux reproducteurs.
Baguage de bécasse dans les Côtes d’Armor La région Bretagne est la première en France a avoir mis en place ces opérations de baguage en 1983-1984. Chaque année, en automne-hiver, quelques 40 bagueurs en Bretagne capturent entre 400 et 500 bécasses sur leurs lieux d’alimentation nocturne. Durant la saison 2006-2007 par exemple, 462 bécasses ont été capturées : 84 dans les Côtes d’Armor, 184 dans le Finistère, 52 dans l’Ille-et-Vilaine et 142 dans le Morbihan. Au total, depuis la saison 1983-84, 8 521 bécasses ont été baguées en Bretagne soit 16 % de l’effectif national.
Une partie des oiseaux bagués est reprise à la chasse ce qui renseigne sur les déplacements migratoires, l’origine géographique, la dispersion en hivernage et les taux de survie. La proportion de jeunes capturés chaque année informe sur le succès de reproduction du printemps-été précédent, en particulier en cas de productivité faible. Le nombre de bécasses observées lors des sorties de baguage permet de déterminer un indice nocturne d’abondance à partir duquel est effectué le suivi inter-annuel des effectifs migrateurs et hivernants.
Chasse à la bécasseParallèlement au baguage, chaque automne-hiver, des relevés de sorties de chasse et des ailes de bécasses (qui permettent de séparer les jeunes des adultes) sont récoltés auprès de plusieurs centaines de chasseurs. Après 20 années d’analyses réalisées par l’ONCFS, c’est le Club national des bécassiers qui, depuis 1995, prend en charge ces travaux. L’étude des relevés journaliers de sorties de chasse fournit un indice
cynégétique d’abondance qui complète celui obtenu par le baguage. Des évaluations régulières en décembre, janvier et février sont réalisées afin d’estimer le niveau des effectifs pour la saison en cours, tant au niveau régional que national. Ce suivi « en temps réel » permet d’alerter les autorités administratives en cas de déficit important une saison donnée.
Enfin, en mai et juin, des recensements de mâles chanteurs sont organisés pendant la croule sur environ 1 000 points d’écoute en France. Les données récoltées permettent de suivre l’évolution démographique des effectifs reproducteurs en France. Ce recensement ne s’effectue que tous les 5 ans en Bretagne, dans la mesure où elle ne fait pas partie de l’aire principale de reproduction de la Bécasse des bois en France.