Les ports veulent être « propres »
Ports de BretagneForte de ses 164 ports de plaisance, la Bretagne est la deuxième destination pour les pratiquants français de sports nautiques. Ils représentent 400 000 séjours touristiques [
1]. L’engagement des gestionnaires des ports de plaisance dans la réduction des impacts liés à la pratique du nautisme est donc essentiel, par exemple, en ayant une approche globale des ports et mouillages comme points clés des fréquentations d’un bassin de navigation.
La mise en place de ports respectueux de l’environnement apparaît aujourd’hui comme une nécessité pour de nombreuses communes : la nuitée d’un bateau représente en moyenne entre 150 et 180 euros pour la commune accueillante [2]. Un argument financier non négligeable.
Dans cet objectif, l’opération « Ports propres et accueillants » incite chaque commune littorale à investir : acquisition de pompes à eaux noires et à eaux de cales, attention à la réduction des sources de pollution, préconisation pour les économies d’énergies, etc. Une nouvelle charte, plus exigeante, devrait être rédigée courant 2008 en partenariat avec le conseil régional de Bretagne et les Départements. Elle devra intégrer une démarche de réduction des impacts liés au nautisme depuis la conception du projet de port, en passant par son fonctionnement, jusqu’aux pratiques nautiques elles-mêmes.
D’autres activités de loisir jusqu’à présent peu encadrées comme par exemple certaines pratiques motonautiques (dérangement sur certains sites à certaines périodes) ou encore la pêche à pied de loisir devront faire l’objet d’une gestion, notamment de la fréquentation, des prélèvements et des impacts compatibles avec les exigences de protection de la ressource et de l’environnement dont elle dépend.
Les territoires s’engagent
Mais au-delà de ces quelques exemples, c’est tout le territoire breton qui semble s’engager dans une démarche de tourisme durable. Des projets fleurissent dans les quatre départements. Ainsi, l’écovillage LVT de Silfiac est connu pour sa construction et sa gestion haute qualité environnementale. Autre initiative intéressante : celle du centre d’activités de pleine nature de Mézières-sur-Couesnon (Communauté de communes du Pays de Saint-Aubin-du-Cormier), qui propose des activités sportives respectueuses du milieu. La sensibilisation et l'éducation faisant partie des objectifs du centre, chaque résident est informé que l’eau de pluie est récupérée pour laver le matériel (VTT, canoë, etc.) et que le chauffage est fourni par une chaudière à bois. Quant aux touristes plus jeunes venus en Bretagne pour ses festivals, ils ont sans doute remarqué qu’en 2007, tous les organisateurs avaient mis en place un agenda 21. Plus généralement, les comités de tourisme bretons intègrent le développement durable dans leur projet. Ainsi, celui du Morbihan organise une journée de sensibilisation pour les professionnels hôteliers sur le thème de la gestion de l’eau.
Le conseil régional et la fédération régionale des pays touristiques ont d’ailleurs souhaité récompenser ces précurseurs en mettant en place le « Challenge tourisme durable » dès 2003 (la commune de Silfiac et la Communauté de Commune de Saint-Aubin-du-Cormier ont été récompensées lors de l'édition 2006-2007). Cette action est un des outils qui permet d’étoffer le référencement et l’échange d’expériences au sein du réseau des pays touristiques qui ont un rôle de conseillers auprès des porteurs de projets. Chaque année, les participants sont plus nombreux. Preuve incontestable que le développement du tourisme breton sera durable ; ou ne sera pas.