Parmi les déchets industriels, on distingue les déchets inertes, les déchets industriels spéciaux et banals.
Les déchets dits "inertes" représentent le plus gros tonnage (73,5 %) et correspondent à des déchets de construction (gravats, résidus de fabrication, etc.).
Les déchets industriels spéciaux (Dis, 4,4 %) sont les déchets dangereux soit parce qu'ils contiennent des éléments polluants (chrome, mercure, arsenic, etc.), soit en raison de leurs propriétés (écotoxique, inflammable, explosif, etc.). Ils nécessitent des filières d'élimination particulières et adaptées à la dangerosité des matériaux.
Les déchets industriels banals (Dib, 22,1 %) correspondent à des emballages (papiers et cartons, bois, métaux, plastiques, etc.). Les trois-quarts de ces Dib sont aujourd'hui triés à la source dans les entreprises et sont orientés directement vers les filières de valorisation.
Les déchets banals
En 2003, la production de déchets banals est estimée à 1 684 416 tonnes [1] en Bretagne. Le département d'Ille-et-Vilaine génère 43 % de ces déchets, les autres départements en produisent moins (17 à 20 %). La part d'emballages dans le champ des Dib produits est de 170 142 tonnes soit 11 % des Dib de la région.
Les 3 secteurs produisant le plus de Dib sur la région Bretagne sont :
- Les commerces, les réparations automobiles et d'articles domestiques,
- Le travail du bois et la fabrication d'articles en bois,
- L'industrie agricole et alimentaire.
Tableau : Répartition des tonnages de déchets industriels banals en 2003, [1]Pas de répartition départementale pour cette catégorie. Source Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement de Bretagne
| Dib |
Bretagne (tonnes) |
Côtes d'Armor (tonnes) |
Finistère (tonnes) |
Ille-et-Vilaine (tonnes) |
Morbihan (tonnes) |
| Santé[1] |
4 606 |
|
|
|
|
|
| Education[1] |
58 967 |
|
|
|
|
| Autre |
1 620 844 |
268 656 |
323 525 |
700 302 |
328 360 |
| Total |
1 684 416 |
|
|
|
|
Les déchets industriels spéciaux
Le nombre d'établissements tenus de suivre leur production de déchets industriels spéciaux a augmenté de 4 % en 2003, ce qui traduit essentiellement une meilleure connaissance du secteur par l'administration.
Le secteur des traitements de déchets est de loin le premier producteur (60 % des Dis produits, hors huiles), avec une hausse de 13 % entre 2002 et 2003. Suivent l'industrie chimique et parachimique (24 % en hausse de 5 %) ainsi que l'industrie mécanique et traitement de surface (13 % en baisse de 4 %).
Tableau : Etablissements producteurs de déchets industriels spéciaux. Source Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement de Bretagne
| |
Bois, papier, carton |
Chimie, parachimie, pétrole |
Mécanique, traitement de surface |
Sidérurgie, métallurgie, fonderie |
Traitement des déchets |
Autres |
Total |
| 2001 |
3 |
16 |
35 |
11 |
28 |
4 |
97 |
| 2002 |
3 |
17 |
39 |
12 |
32 |
5 |
108 |
| 2003 |
3 |
20 |
39 |
12 |
32 |
4 |
112 |
| Tendance 2002/2003 |
0 % |
+18 % |
0 % |
0 % |
+6 % |
+20 % |
+4 % |
Les 112 industriels bretons soumis à l'autosurveillance des déchets industriels spéciaux ont produit 94 125 tonnes de Dis, soit une hausse de 2 % par rapport à 2002. Celle-ci est liée à la prise en compte des nouveaux établissements, aux évolutions de la réglementation et des pratiques.
De même de la quantité de solvants et de la collecte des huiles usagées, la production de Refiom (résidus d'épuration de fumées des usines d'incinération d'ordures ménagères) s'est stabilisée grâce à la qualité des systèmes d'épuration mis en place.
Les trois principaux déchets industriels spéciaux produits en 2003 sont :
- les Refiom : 27 035 tonnes (-1 % par rapport à 2002),
- les huiles usagées - en majorité des huiles moteurs : 18 207 tonnes (pas de changement par rapport à 2002).
- les solvants : 4 367 tonnes (après une forte hausse en 2002 de +43 %, une légère baisse en 2003 -8 %).
Les autres types de déchets sont loin d'être négligeables : 44 516 tonnes soit 47 % du total.
Que deviennent les déchets industriels spéciaux ?
logoSur les 94 125 tonnes de Déchets industriels spéciaux éliminés en 2003 :
- 36 % (34 532 tonnes) ont été mis en centre de stockage de déchets dangereux dits de « classe 1 »). Ces centres, destinés aux déchets présentant les caractéristiques les plus polluantes, procèdent à une stabilisation/solidification des déchets avec un liant hydraulique,
- 29 % (27 222 tonnes) ont été incinérés (en majorité des déchets de la chimie et de la parachimie),
- 29 % (27 238 tonnes) ont fait l'objet d'une valorisation matière, dont 90 % des huiles usagées.
Il n'existe en Bretagne aucun centre de stockage ultime de déchets dangereux dits de « classe 1 », ni d'incinérateur pour les déchets industriels spéciaux. La grande majorité des déchets de cette nature produits dans la région est donc éliminée dans les régions limitrophes.