Les microalgues dominent la flore algale des eaux douces bretonnes. Grâce à des capacités d’adaptation remarquables, elles occupent une grande diversité de niches écologiques. Celles-ci favorisent la croissance et la survie de plusieurs espèces qui alternent au gré des saisons. Certaines de ces espèces, lorsqu’elles prolifèrent, peuvent avoir des conséquences sanitaires et écologiques non négligeables.
À l'exception peut-être de celles s'échouant sur les plages, les algues sont pratiquement ignorées du grand public. Pourtant, les plus petites d’entre elles se rappellent régulièrement à nous lorsque les beaux jours arrivent. En effet, s’il est quasiment impossible de les voir à l’œil nu, les microalgues (ou phytoplancton) ne passent pas pour autant inaperçues dans les milieux aquatiques continentaux bretons. Comme les « marées vertes » sur le littoral, les proliférations ou efflorescences de phytoplancton se multiplient, depuis les années 1970, dans des rivières, des plans d’eau ou des retenues dédiées à l’alimentation en eau potable. Certains de ces développements massifs peuvent d’ailleurs présenter un risque sanitaire et tous provoquent une dégradation écologique des milieux aquatiques touchés.
La plupart des algues d’eau douce en Bretagne sont microscopiques
Le plus souvent, les algues se trouvent dans l’eau ; certaines flottent dans la colonne d’eau, d’autres sont attachées et vivent sur le fond, d’autres encore restent à l’interface eau/air. Mais les algues peuvent aussi se développer sur des rochers, du bois, des arbres ou à la surface du sol dès qu’ils sont humides. Grandes colonisatrices, il en existe même qui vivent en symbiose avec des invertébrés ou des plantes. Le plus connu de ces « mariages » est probablement le lichen, nom que l’on donne à l’association d’une algue et d’un champignon.
Phacus pleuronectes
La plupart des algues que l’on trouve dans les eaux continentales bretonnes sont microscopiques ; il s’agit d’êtres unicellulaires isolés ou vivant en colonies d’une taille variant de 2 à 400 microns. Ils constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire et servent de nourriture au zooplancton, à quelques espèces de poissons et de mollusques. Au total, il existe plus de 14 000 espèces de microalgues au monde rien qu’en eau douce avec des formes, des mobilités et une écologie d’une grande variété. Dans un volume très réduit, 5 à 10 ml, il n’est pas rare de trouver une dizaine d’espèces. Mais si diverses soient-elles, les microalgues partagent un point commun : leur remarquable capacité d’adaptation aux modifications physico-chimiques des milieux aquatiques.