Le microclimat est définit par un secteur de faible superficie soumis à des nuances locales du climat régional, sous l'effet de certaines caractéristiques physiques du milieu. Il existe des microclimats à l'échelle de quelques dizaines de kilomètres carrés, d'une ville, et même d'un champ.
La présence de reliefs peut, de manière significative, influencer le climat local : ils se comportent comme une barrière qui oblige l'air à s'élever, ce qui contribue au développement des nuages et des précipitations. Il n'est pas rare que la pluie tombe sur le point culminant, alors que plus loin, dans le sens du vent, le temps est sec, voire ensoleillé.
Certains milieux peuvent aussi être associés à des microclimats spécifiques. Par exemple, au-dessus des tourbières, il règne toujours un climat froid et humide (tourbières). Elles sont très répandues dans le Finistère (Monts d'Arrées et Montagnes Noires).
A une échelle plus petite, les villes sont souvent moins exposées aux gelées que les campagnes. Regroupant les structures en béton, la chaleur de la journée s'emmagasine dans les rues et les bâtiments, qui la libèrent la nuit, ce qui réchauffe les zones urbaines de plusieurs degrés. Ce phénomène est connu comme l'effet « chaleur des îles ».
Mais les campagnes connaissent aussi des microclimats avec « l'effet bocage ». Les parcelles entourées de haies coupent le vent, diminuant ainsi l'évaporation de l'eau, et lorsque le soleil brille, les rayons solaires sont réfléchis. Ces deux mécanismes font régner une température favorable au sein du champ, pour une croissance optimale des cultures.
Bulletin climatologique mensuel des Côtes d'Armor
Bulletin climatologique mensuel d'Ille-et-Vilaine
Bulletin climatologique mensuel du Finistère
Bulletin climatologique mensuel du Morbihan
Bulletins climatologiques des départements bretons
Pourquoi y a-t-il autant de microclimats en Bretagne ?
Par sa configuration péninsulaire, la Bretagne est fortement influencée par l'océan. Le climat y est très changeant mais les variations sont rarement extrêmes. L'océan adoucit les températures hivernales et les rafraîchit en été. L'ensoleillement est plus généreux et la pluviométrie plus faible sur le littoral.
Situé au niveau de la rade de Brest, le village de Landévennec est protégé des vents, il bénéficie donc d'un microclimat qui permet à des palmiers et des mimosas de passer l'hiver sans encombre. De même, Roscoff (Finistère) abrite un jardin exotique. Les cultures maraîchères du pays Léonard profitent aussi de zones climatiques particulièrement douces.
Brise de mer
Grâce aux brises de mer, l'océan contrôle le climat littoral, bien sûr, mais aussi le temps qu'il fait à l'intérieur des terres. Pendant les longues journées d'été, le soleil chauffe le sol, et communique sa chaleur à l'air qui se réchauffe à son tour. Dilaté, donc plus léger, l'air remonte dans l'atmosphère où il se refroidit : c'est ainsi que naissent les cumulus. Pour remplacer la masse atmosphérique chaude qui remonte, l'air plus froid, situé au-dessus de la mer, se dirige vers le continent. La circulation de l'air en boucle s'appelle le mouvement de convection. De la mer vers la terre, il s'agit de la brise de mer qu'on observe la journée. Selon leur teneur en gouttelettes d'eau, les nuages amèneront, ou pas, des averses sur le continent. S'ils deviennent très nombreux, il se crée un tapis uniforme de stratocumulus.
La présence de ces nuages ou d'averses entraîne un fort contraste climatique en seulement quelques kilomètres, entre la bande littorale totalement ensoleillée et l'intérieur des terres où le ciel est couvert. De ce fait, la durée d'insolation est nettement plus importante sur le littoral qu'à l'intérieur des terres.
L'ensoleillement de l'Armor (Pays de la mer, en breton) comptabilise jusqu'à 220 heures, contrairement à l'Argoat (Pays des bois) qui peut tomber à 150 heures d'insolation, à Rostrenen (valeurs d'août 2002).
Malgré l'été et ses brises, il arrive que l'océan apporte des masses nuageuses douces et humides qui modifient le ciel : éclaircies et cumulus (ciel de traîne) font place à la grisaille côtière tenace. C'est alors le règne du crachin breton (glizhenn) ou de la brume (morenn). Les secteurs atmosphériques chauds viennent s'échouer sur les côtes nord et ouest en se heurtant aux hautes pressions. Les stratus demeurent donc le long de la bande littorale alors qu'à quelques kilomètres au-delà, les terres sont éblouies de soleil, on peut alors observer des contrastes thermiques allant jusqu'à 8 degrés !
Mais, les terres apportent aussi leur lot d'influences. Trop de vents, surtout ceux provenant du sud-ouest, peuvent amener à leur tour des nuages de la terre vers la côte nord bretonne, et ainsi, annuler les effets bénéfiques des brises de mer dans les départements concernés.