Epreinte de Loutre d’EuropeAutrefois répartie sur l‘essentiel de l’Eurasie, la Loutre a connu une régression considérable en Europe et en France au cours du XX
e siècle. Chassée et piégée pour sa fourrure et victime de sa réputation de bandit des rivières tuant par plaisir, elle fut l’objet, au début du siècle, d’une destruction intensive provoquant sa régression. Ce déclin fut accentué à partir de l’après-guerre par la dégradation de ses habitats (destruction des zones humides, modifications des cours d’eau, pollutions, etc.) et la raréfaction concomitante de ses proies.
La Loutre ne s’est maintenue, en France, que sur la façade atlantique et dans le Massif Central. La Bretagne était alors l’un des principaux refuges de l’espèce. Dans les années 1970-80, de véritables populations s’y maintiennent, principalement dans une zone restreinte du centre-ouest Bretagne et dans le sud-est de la région, entre le golfe du Morbihan et les marais de Brière.
logoDepuis 1985, le Groupe mammalogique Breton suit la répartition régionale de l’espèce avec l’aide d’un réseau d’observateurs bénévoles. La Loutre reconquiert le réseau hydrographique breton à partir des deux principaux noyaux de population. Entamée dans les années 1980, ce retour s’est accentué au cours des dernières années, permettant à l’espèce d’occuper aujourd’hui plus de la moitié des bassins versants de la région. Seul le département de l’Ille-et-Vilaine reste encore largement inoccupé.
Si la recolonisation s’avère assez nette à l’échelle de la région, elle reste fragile et ne concerne qu’une surface infime de l’ancienne aire de répartition de l’espèce. Par ailleurs, la dégradation générale des milieux naturels ne permet pas à l’espèce d’atteindre des densités optimales. Pourtant, en tant que bastion de la Loutre, la Bretagne pourrait bien servir de tremplin à l’espèce pour reconquérir d’autres régions françaises.