Un point commun à tout le littoral est qu'il est soumis à l'action des marées mais avec des amplitudes variables suivant la position géographique.
La marée est semi-diurne, c'est-à-dire que la mer se retire pour revenir 12h25 minutes plus tard. Les marnages sont importants : d'une amplitude maximale de 14 mètres dans la baie du Mont St Michel, le marnage diminue ensuite vers l'ouest : il est de l'ordre de 7,5 mètres à Roscoff, de 6 mètres à Brest. Ils tendent à diminuer vers le golfe de Gascogne et se stabilise vers 5 mètres sur la côte atlantique. Le rythme des marées font que la frange littorale et les espèces qui y vivent subissent des périodes d'immersion et d'émersion plus ou moins prolongées.
Le déplacement de telles masses d'eau sur un laps de temps assez court provoque la formation de courants importants près des côtes dont la vitesse est conditionnée par la configuration des fonds et de la côte (forme du littoral, profondeur) et par les caractéristiques de la marée (cycle vives eaux - mortes eaux). La vitesse des courants de marée s'élèvent souvent à 3 nœuds (1 nœud = 1 mille marin à l'heure, soit 0,5 mètre par seconde) sur les côtes nord de la Bretagne, voire jusqu'à 9 nœuds dans certains secteurs comme le passage du Fromveur entre Molène et Ouessant. En effet, les plus forts courants se retrouvent ainsi localement dans les zones de rétrécissements (raz de sein, goulet de Brest, etc.). Ils sont par contre plus faibles dans les baies (baie de St Brieuc, baie du Mont Saint-Michel, baie de Douarnenez, etc.) où ils sont rarement supérieurs à 1 nœud : les faibles vitesses permettent aux éléments fins de s'y déposer. En Bretagne Sud, où ils sont souvent rotatifs, même en ajoutant les courants induits par le vent, ils ne dépassent guère 0,5 à 1 nœud, sauf dans les estuaires (rias) ou dans des passes étroites (Golfe du Morbihan) Les courants induisent un mélange vertical et horizontal dans la mer qui occasionne des contraintes pour le milieu vivant. Ils agissent sur la distribution des sédiments qui tapissent les fonds côtiers.
Parallèlement en hydrodynamique, se distinguent des courants instantanés de marées, les courants résiduels. Résultante des actions du vent et de la marée, ils déterminent la trajectoire d'une particule d'eau à des échelles de temps supérieures à un cycle de marée. Leur connaissance est importante car ces courants sont responsables, tantôt du piégeage (relative immobilisation), tantôt de la dispersion plus ou moins rapide et sur des centaines de kilomètres, des oeufs, larves, sels nutritifs, substances chimiques diverses, micro-organismes, etc.