En dehors des facteurs naturels qui favorisent la prolifération des algues vertes, l’apparition et l’importance des marées vertes dépendent essentiellement de la persistance de flux d’azote élevés au printemps et en été. Pour limiter de façon préventive les marées vertes en Bretagne, il faut donc limiter les apports d'azote en amont sur les bassins versants.
Avant d’entreprendre les actions sur le terrain, il convient de conduire un diagnostic de la situation pour prendre en compte les possibilités, pour une baie touchée, d’importer, par transports latéraux, des éléments nutritifs et surtout (ce qui paraît, en fait, plus fréquent) des quantités d’algues venant de sites voisins.
Ces transports permettent d’augmenter le stock maximal d’algues ou d’amener des stocks initiaux en début de saison devant des sites qui en sont dépourvus. Cette interdépendance possible entre sites voisins est un élément important à déterminer (à l’aide d’études hydrodynamiques) pour éventuellement regrouper territorialement des efforts de lutte initialement engagés de manière indépendante sur des bassins versants voisins, comme pour cibler des efforts de ramassage sur telle baie ou partie de baie qui serait à l’origine de la contamination d’autres secteurs.
Programme d'action concerté et spécifique, « Prolittoral » a été mis en place en 2002 par le conseil régional de Bretagne, les quatre conseils généraux bretons et l'Agence de l'eau Loire-Bretagne.
Le programme est global et se compose de trois volets. Un volet préventif organise des d'actions à l'échelle de sept bassins versants touchés par les proliférations d’algues vertes. Il s'agit de ceux débouchant dans la Baie de Fresnaye, l'Anse de Binic, la Baie de Lannion, la Baie de Locquirec, la Baie de Guisseny, la Baie de Douarnenez, et la Baie de la Forêt Fouesnant.
L’objectif de ce volet est de limiter les apports de chaque bassin en éléments nutritifs - plus spécifiquement en azote - facteur de contrôle des marées vertes.
Les actions visent à diminuer les apports agricoles en éléments nutritifs (recherche de l'équilibre de la fertilisation), améliorer les pratiques agricoles (couverture des sols l’hiver, assolement/rotations, gestion des prairies, etc.), aménager le paysage (par exemple, en plantant des haies et des talus anti-érosifs) pour limiter le lessivage par les eaux de pluies, et augmenter le pouvoir épuratoire du milieu par la gestion des zones humides.
Il faudra sur certains sites, plusieurs années pour diminuer les apports azotés arrivant dans les eaux littorales
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Le volet curatif est relatif à la collecte et la gestion des algues.
Volume d'algues vertes ramassé et communes concernées En effet, les échouages importants contraignent les collectivités littorales à des activités de ramassage et d’élimination de ces algues à hauteur de 60 000 m
3 par an en moyenne sur les 9 dernières années pour la Bretagne, principalement en Côtes-d’Armor et en Finistère.
Le ramassage a pour but premier de limiter la nuisance immédiate occasionnée par les échouages (accès à la plage, décomposition des algues). Il a également un impact sur les proliférations ultérieures (suppression du retour des nutriments vers le site quand les algues se décomposent, réduction des stocks résiduels desquels repart la marée verte suivante et diminution de l’enrichissement du sédiment en matière organique, source secondaire de nutriments).
Les ramassages, moins importants en 2005 que toutes les années antérieures, peuvent s’expliquer par une prolifération plus faible et concentrée sur le début de saison. Ainsi, près de 50 000 m3 de ces algues ont été ramassés par 68 communes (75 % en 8 communes) en 2005 pour un coût global déclaré de 510 000 €.
Les produits enlevés sont épandus sur les terres agricoles ou compostés avec des déchets verts ou composts urbains.
Enfin, un volet transversal évalue et de suit le phénomène des marées vertes sur les côtes bretonnes, d'expérimentation dans les domaines curatifs et préventifs, d'animation et d'assistance aux collectivités littorales.
Ramassage d'algues vertesCe volet a été confié au
Ceva, centre de ressources du programme qui s'appuie sur ses compétences internes et sur celles de l'
Ifremer, afin d'animer et coordonner l'ensemble des démarches entreprises en faveur de la lutte contre les marées vertes au bénéfice des collectivités locales concernées.