PêcheursLa Bretagne est de loin la
première région de pêche française, que ce soit par l’importance de sa flotte, des emplois ou de sa production ; en 2004, près d’un tiers des pêcheurs français, soit 8 820 marins, sont bretons et 41 % de la production nationale est faite en Bretagne. Pourtant cette activité économique marque le pas dans la région. Le nombre de navires de pêche maritime a diminué pour moitié, passant de 3 539 en 1983 à 1 603 en 2003. Et la flotte est vieillissante ; plus de la moitié des navires ont 20 ans et plus. Ce recul du nombre de navires et de la puissance totale se sont accompagnés ces dernières années d'une chute quasi générale des tonnages des différentes criées.
Tableau : Flotte de pêche maritime bretonne en 2003 [1]
| en 2003 |
navires de pêche immatriculés |
navires de 20 ans et plus |
âge moyen de la flotille |
| Saint-Malo |
67 |
28 |
20 |
| Saint-Brieuc |
194 |
124 |
23 |
| Paimpol |
119 |
65 |
22 |
| Morlaix |
114 |
68 |
22 |
| Brest |
148 |
82 |
21 |
| Camaret |
16 |
13 |
28 |
| Douarnenez |
28 |
14 |
22 |
| Audierne |
49 |
13 |
16 |
| Le Guilvinec |
331 |
166 |
20 |
| Concarneau |
153 |
76 |
20 |
| Lorient |
138 |
86 |
22 |
| Auray |
149 |
80 |
21 |
| Vannes |
97 |
66 |
24 |
| Bretagne |
1 603 |
881 |
21 |
| France métropolitaine |
5 556 |
3 022 |
22 |
Quartiers maritimes bretonsPlus de 40 % de la pêche est débarquée sur la côte nord et le reste sur la côte sud. La pêche côtière prédomine à Saint-Brieuc et Saint-Malo (coquilles Saint-Jacques et seiches), Paimpol (araignées), Morlaix et Le Conquet (tourteaux). En Bretagne sud, tous les types de pêche sont représentés (industrielle et semi-industrielle) mais c’est surtout la pêche artisanale côtière qui y est pratiquée avec des espèces de haute valeur : langoustines, baudroies, merlus, bars et soles. Ce dernier secteur regroupe le plus grand nombre de bateaux ; la production française est assurée à 95 % par la Bretagne (un tiers est ramassée sur le littoral et deux tiers pêchées en mer).
A la pêche, doit être associé le mareyage qui constitue un maillon intermédiaire entre la flotte de pêche et la distribution des produits de la mer. On trouve environ 180 mareyeurs en Bretagne sur 400 dans l'ensemble de la France. Ils emploient en Bretagne un peu plus de 2 000 salariés et traitent environ 114 000 tonnes de produits par an. Ces entreprises de mareyage sont majoritairement des établissements n'employant chacune pas plus de 10 salariés. A la suite de la crise de 1993-1994, le secteur du mareyage a perdu 38 % de ses entreprises et 31 % de ses effectifs. Consécutivement, le mareyage s'est fortement modernisé.
La conchyliculture, en particulier l’exploitation de l’huître et de la moule, est très développée en Bretagne. Une aquaculture marine dite « nouvelle », née durant ces trente dernières années et plutôt axée sur le poisson, les algues et la palourde s’est développée mais reste marginale. Les ventes à la consommation atteignent 50 585 tonnes de coquillages. Près de 100 % de la production française d’algues provient des côtes bretonnes (14 000 tonnes sèches en 2003) et alimente les industries agroalimentaires, cosmétiques et d’engrais.
Les ressources marines, de plus en plus convoitées
Les ressources marines sont aujourd’hui de plus en plus convoitées et certains stocks nécessitent l’instauration de plans de reconstitution au niveau européen. La bande côtière subit les pollutions diverses, l’altération ou la destruction de certains habitats (frayères, nourriceries, herbiers riches en poissons et invertébrés). La fréquentation côtière ne cesse d’augmenter.
La préservation des ressources marines relève du respect de la réglementation qu’elle soit européenne, nationale ou régionale (4 000 licences de pêche y compris pour la pêche à pied sont accordées en Bretagne), du suivi des stocks et de l’adaptation des pratiques de pêche.
La pratique de la pêche professionnelle, activité par activité et zone par zone, est strictement contrôlée et réglementée tant dans la bande côtière qu’au-delà des 12 milles de la région bretonne. Ainsi, à titre d’exemple, la pêche à la coquille Saint-Jacques, en baie de Saint-Brieuc, ne peut être effectuée que 25 à 27 heures par an !
Pour mieux évaluer les stocks des espèces pêchées, les pêcheurs et l’Ifremer utilisent de nouvelles données comme la pesée à la criée ou les conditions de pêches (houle, météo). Des expérimentations de pêche sélective sur le Merlu et la langoustine ont également été menées par des pêcheurs volontaires en golfe de Gascogne. Il s’agit, par exemple, pour préserver les juvéniles d’augmenter la taille des mailles et d’améliorer l’échappement du chalut ou encore d’utiliser des grilles sélectives sur le ventre des chaluts.