Des habitats agricoles de moins en moins accueillants
Dernière mise à jour le 22 juin 2005
L'uniformisation des paysages agricoles bretons et certaines pratiques culturales rendent la région de moins en moins accueillante pour la Perdrix grise. La pratique de lâchers pour la chasse peut entraîner une dégradation de la situation.
Fréquentant surtout les milieux agricoles, la Perdrix grise est touchée de plein fouet par leur mutation et la mise en œuvre de certaines techniques culturales qui lui sont défavorables. Ainsi, les landes et la pratique de la polyculture régressent, tandis que les haies, talus et fossés tendent à disparaître. L'uniformisation des paysages agricoles prive de plus en plus d'espèces, dont la Perdrix grise, du gîte et du couvert. Cette espèce est sensible à l'irrigation, au broyage des jachères et des bordures de chemins, aux moissons, aux labours précoces et à la fauche des fourrages en mai-juin, qui sont susceptibles de détruire les pontes et les poules couveuses. L'emploi des pesticides lui est également préjudiciable, en réduisant la disponibilité en insectes pour l'alimentation des jeunes.
Pour compenser la baisse des effectifs, certaines sociétés de chasse pratiquent des lâchers d'oiseaux pour le tir pendant la période d'ouverture de la chasse. Ces lâchers ont pour but de mettre du gibier à la disposition de leurs adhérents. Cette pratique peut entraîner une augmentation de la pression de chasse, qui s'exerce indistinctement sur les oiseaux lâchés et sur les populations naturelles déjà affaiblies, ce qui compromet la pérennité de ces dernières. Les prélèvements réalisés par les chasseurs en Bretagne ont atteints 107 000 individus pour la saison 1998-1999, ce qui représente une augmentation de 35 % par rapport à la saison 1983-1984.