AloseLe code rural oblige les exploitants de droits de pêche à mettre en place des plans de gestion piscicole. Celle-ci comprend deux aspects complémentaires qui sont souvent confondus : la gestion du
milieu et celle de la ressource.
Gérer la ressource, c’est s’intéresser directement aux espèces pêchées, leur abondance, leur taille et les conditions dans lesquelles les poissons peuvent être capturés (périodes de pêche, méthodes, nombre de captures maximales). Depuis la fin du XIXe siècle, les gestionnaires ont eu largement recours au repeuplement pour enrayer la diminution réelle ou supposée des populations de poissons et donc de leurs captures. Cet artifice, qui consistait à élever des poissons en pisciculture puis à les déverser ensuite dans les lieux de pêche, donnait une satisfaction immédiate aux pêcheurs. Mais depuis une trentaine d’années, le repeuplement a clairement montré ses limites : cette méthode ne permet pas de restaurer durablement les stocks dégradés. Loin d’être une panacée, il s’agit là d’un outil de gestion à utiliser dans des conditions techniques bien particulières.
Vers la gestion durable des milieux aquatiques
Remise à l'eauL’autre façon d’aborder la gestion piscicole consiste à se baser sur le postulat, largement démontré scientifiquement suivant lequel les espèces sont très dépendantes du milieu dans lequel elles vivent, et que seul un milieu en bon état permet d’héberger durablement une population naturelle. Il s’agit alors de gérer le milieu pour permettre aux espèces qui doivent normalement le peupler de se reproduire, de se nourrir, etc., assurant ainsi leurs fonctions vitales. Malgré les actions engagées en ce sens, les résultats obtenus n’ont pas toujours été à la hauteur des espérances des gestionnaires en raison des difficultés techniques, administratives et financières rencontrées.
Ceci a conduit l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) à proposer aux Fédérations départementales des associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique (FDAPPMA) une nouvelle méthode d’approche qui s’est concrétisée en 1998 dans les quatre départements bretons par la réalisation des plans départementaux pour la protection du milieu aquatique et la gestion des ressources piscicoles (PDPG). Ils visent à conserver et transmettre un patrimoine naturel, en préservant ou restaurant les processus écologiques. Les peuplements de poissons doivent être conformes à ce que l'on peut attendre du milieu naturel en bon état.
C’est bien entendu un objectif à atteindre progressivement car, dans certains cas, le niveau de perturbation des milieux aquatiques ne permet pas d’envisager une restauration à court terme, et l’activité de pêche ne peut s’exercer qu’en étant soutenue par des repeuplements.