Truite de merDans le Plan départemental pour la protection du milieu aquatique et la gestion des ressources piscicoles, un diagnostic global est réalisé en utilisant le poisson comme indicateur de l’état du milieu. Certaines espèces peuvent jouer le rôle d’espèces repères en raison de leur grande sensibilité aux modifications de leurs conditions de vie.
C’est le cas de la Truite et du Brochet. La Truite affectionne les cours d’eau à forte pente, au courant vif, que l’on trouve surtout dans la partie ouest de la région. Les rivières plus calmes (bassin Oust-Vilaine) sont le domaine privilégié du Brochet. Si les populations de ces espèces sont en bon état, c’est le signe que la qualité du milieu est bonne car elle permet que leur cycle vital se déroule de manière optimale.
En Bretagne, le réseau hydrographique a été partagé en plus de 180 bassins, qu’on appelle des contextes, dans lesquels une population d’une espèce repère peut réaliser tout son cycle vital. Par exemple, pour la Truite, il s’agit d’une rivière principale (plutôt favorable aux truites adultes) et de ses affluents (plutôt favorables à la reproduction et au développement des juvéniles).
Pour chaque département breton, il existe environ 40 contextes pour lesquels les gestionnaires font l’inventaire des perturbations en évaluant leur impact sur la capacité du milieu à permettre la bonne réalisation du cycle vital de l’espèce repère. La synthèse de ces informations permet de caractériser l’état du contexte qui peut être classé conforme, perturbé ou dégradé, selon l’importance de la perturbation du cycle de l’espèce repère.
Des actions adaptées à chaque situation écologique
Ce diagnostic conduit à arrêter un mode de gestion et à définir un programme d’actions adaptées mises en œuvre sur 5 ans. Dans un mode de gestion dit patrimonial qui s’applique dans les contextes conformes, il s’agit de préserver le bon état écologique, en veillant en particulier à l’application des textes de protection. Dans ces contextes, la reproduction naturelle assure le peuplement optimal du cours d’eau. Aucun repeuplement ne sera effectué car il serait inutile et de plus porteur de risques sanitaires ou génétiques pour les populations naturelles. La pêche va donc s’exercer sur un stock d’origine uniquement naturelle.
Par contre, dans certains contextes perturbés ou dégradés, il n’est pas réaliste de restaurer à court terme le bon état écologique et la gestion patrimoniale doit être différée : des repeuplements peuvent être réalisés, parallèlement à des actions de restauration. Les actions de restauration vont être dirigées vers les perturbations les plus pénalisantes pour le milieu naturel.
Leur programmation n’est toutefois effective que si toutes les conditions techniques, administratives et financières sont réunies pour leur mise en œuvre à moyen terme.