Démographie en BretagneAu 1er janvier 2006, date du dernier recensement de l’
Insee, la population de la Bretagne est estimée à 3 081 000 habitants, soit 176 500 habitants de plus qu’en 1999 - contre + 110 000 entre 1990 et 1999 - principalement grâce à un solde migratoire positif. Entre 1999 et 2004, c’est en moyenne 25 000 habitants (+ 0,85 %) qui arrivent chaque année, contre + 0,60 % en moyenne en France métropolitaine Les actifs et les seniors arrivent, alors que les jeunes partent. Les départements d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan attirent le plus.
La densité moyenne de la Bretagne, 113 hab/km2, égale celle de la France mais varie de 3 960 (Rennes-35) à 9 hab/km2 (Les Forges-56). En 2006, 71,5 % de la population vit dans l’espace à dominante urbaine.
Les traits dominants de la Bretagne de demain
Les projections de l’Insee menées en 2006 envisageaient 3,4 millions de bretons, pour 2030. Les évolutions récentes conduisent à revoir ces projections démographiques à la hausse. Le Conseil économique et social régional (CESR) de Bretagne a réalisé des scénarios prospectifs selon lesquels la population régionale pourrait s’établir entre 3,7 et 3,8 millions de bretons, en 2030.
Ces scénarios sont au nombre de quatre. Toutes les évolutions envisagées contribuent à modifier le visage de la Bretagne qui, en 2030, présentera des traits bien différents de ceux de l’année 2007.
Bien que ces quatre projections entraînent des situations différentes, il est possible de définir des « invariants » (ou « tendances lourdes »), à partir desquels peuvent être envisagées quelques orientations pour les politiques régionales susceptibles de préparer ces changements, et de répondre aux défis qu’ils lancent.
Parmi ces tendances, il apparaît, par exemple, que :
- l’urbanisation devrait se poursuivre, de sorte que la part du territoire artificialisé pourrait passer de 11 à 18 %, et que l’importance des espaces à dominante urbaine (70 % de la population en 2000) représenterait environ 80 % de la population en 2030. La part des espaces ruraux serait ainsi réduite de 30 à 20 % du territoire breton (suivant des formes variables selon les scénarios) ;
- l’urbanisation pourrait se concentrer autour de Rennes et Brest, et dans une moindre mesure, de Vannes, Lorient et Quimper. On assisterait alors à une rurbanisation avec un quart des actifs installés dans la grande périphérie des villes ;
- les zones littorales connaîtront probablement, et cela sans doute même bien avant 2030, des phénomènes de saturation accentués (avec des degrés variables selon les scénarios), suite à leur essor économique et résidentiel. Les mouvements migratoires en direction du littoral entraîneront d’une part, une densification de la population autour des zones côtières (80 % des Bretons pourraient habiter à moins de 40 km de la mer) et, d’autre part, une progression de l’urbanisation littorale. En 2005, 10 % du littoral est artificialisé en Bretagne. Si ce phénomène d’urbanisation littorale se poursuit au même rythme qu’entre 1988 et 2005 (d’après les données de Ifen), la part du littoral urbanisé pourrait atteindre 12 % en 2015 ;
- la Bretagne centrale pourrait connaître un renouveau impressionnant lié au jeu des dynamiques « productive » et « résidentielle », ou au contraire, une forte dépression avec l’exode de ses habitants et des villes ;
- les interdépendances entre les territoires (des pays bretons entre eux par exemple) devraient se renforcer ;
- dans trois des quatre scénarios, les migrations joueront toujours, en 2030, un rôle moteur sur la dynamique démographique de la Bretagne, en entraînant un accroissement du nombre d’habitants et une « gérontocroissance » (croissance du nombre de personnes âgées) plus ou moins forte selon les scénarios.
Ces changements démographiques auront, à plus ou moins long terme, des répercussions dans les domaines de l’aménagement et de l’équipement des territoires, de la formation et de la culture, de l’économie et dans les domaines de l’énergie et de l’environnement.