Nutrition de la plantePour vivre, une plante a besoin de lumière et d'eau mais aussi d'éléments chimiques comme l'oxygène (O
2), le dioxyde de carbone (CO
2), et des éléments nutritifs. L'atmosphère intervient dans le climat en contrôlant la température de l'air et du sol, la pluviométrie, l'humidité ambiante. Elle contribue également aux apports gazeux en O
2 et CO
2. Le sol fournit, quant à lui, les éléments nutritifs qu'il stocke : azote, phosphore, potassium, oligo-éléments, etc. Ainsi pourvue, la plante va pouvoir croître et se reproduire.
Tout comme dans le règne animal, un poisson et un oiseau ne vivent pas de la même façon et ne mangent pas la même chose, dans le règne végétal chaque plante a des besoins et des exigences qui lui sont propres. Ainsi, un sol fertile est un sol qui apporte le moins de contraintes à une plante par rapport à ses besoins. Il est possible, la plupart du temps, de corriger le milieu et de l'adapter aux plantes que l'on souhaite cultiver, ce que les agriculteurs font depuis longtemps. La notion de fertilité dépend donc de la plante considérée. Généralement, on entend par fertilité la capacité qu'a un sol à donner de bons rendements pour les plantes culturales classiques (céréales, légumes, etc.). Mais la notion de fertilité s'adapte à tous les sols. Ainsi, ceux des zones humides, même s'ils ne sont pas fertiles pour du blé, le sont pour d'autres espèces.
Une acidité sélective
Profil de solAvec un pH compris entre 5 et 8 et une moyenne de 6, les sols de notre région sont
en majorité acides. De façon générale, les agriculteurs considèrent cette acidité comme un handicap, car la plupart des plantes ne supportent pas ces conditions difficiles. En effet, au pH les plus bas (environ 5), l'aluminium peut devenir toxique : il bloque le métabolisme de la plante et entraîne son flétrissement. De plus, les pH bas rendent certains éléments nutritifs moins solubles et difficilement assimilables, seules les plantes les plus adaptées peuvent alors croître convenablement.
Pour ramener le pH a des valeurs plus neutres et plus propices aux cultures (de 6,5 à 7,5 pour la majorité des plantes), les agriculteurs utilisent souvent des amendement à base de calcaire (chaulage). Inhibitrice pour certaines plantes - il y a peu de noyers en Bretagne par exemple, l'acidité de nos sols convient au contraire fort bien à d'autres comme les pommes de terre, le maïs, le sarrasin, le seigle, les hortensias ou encore les châtaigniers.
En dehors de leur acidité pénalisante, les sols de la région possèdent une caractéristique favorable à la croissance végétale : des teneurs confortables en matière organique comparativement à d'autres régions française comme la Beauce par exemple. Elles s'échelonnent entre 2 et 8 % [1]. Ces taux relativement élevés sont un atout pour les sols. En effet, la matière organique favorise leur stabilité structurale, représente une source d'éléments nutritifs pour les plantes (azote, phosphore, etc.) et un réservoir de composés organiques aux fonctions très diverses. Ces substances peuvent favoriser la nutrition minérale des végétaux, elles peuvent aussi influencer l'activité de certains microorganismes (en augmentant par exemple la minéralisation) et de la faune du sol, mais elles peuvent parfois être toxiques et inhiber la croissance de la plante.
Les effets de la compactionEnfin, la Bretagne est bien connue pour être une
région arrosée toute l'année. Grâce à ses
sols limoneux qui absorbent bien l'eau, les territoires bretons sont donc propices à la culture. Sauf lorsque cette eau est en excès : l’appauvrissement en oxygène qui s’ensuit limite la croissance de nombreuses espèces végétales.
Les plantes que nous observons en Bretagne ne sont donc pas là par hasard. Leur présence résulte de la combinaison de différents facteurs qui leurs conviennent parfaitement, voire qui favorisent leur développement : des sols acides, relativement riches en matière organique et où l'eau ne manque pas.