La côte et les fonds marins bretons possèdent des physionomies très variées.
Parmi celles-ci, on distingue deux dominantes : - en Bretagne nord ainsi qu'à l'extrême ouest, des fonds de cailloutis, des falaises abruptes et découpées et des côtes à rias (estuaires étroits et profonds), - en Bretagne Sud, des côtes basses et régulières avec une forte représentation des ensembles sableux et fonds vaseux.
Falaise
Cette répartition est loin d'être le fruit du hasard. Elle s'explique par la nature géologique du massif armoricain certes mais aussi par l'influence de la marée, des courants et de la houle.Les roches que l'on observe aujourd'hui sur nos côtes se sont mises en place au cours d'une maturation géologique longue et complexe. Ainsi, les variations du trait de côte correspondent aux alternances de roches dures (granites et grès armoricains) et de roches plus tendres (schistes) : les roches les plus résistantes forment les caps et les pointes alors que les plus tendres correspondent aux baies et aux anses.
A la nature du sous-sol, doit être également associé le rôle des courants de marée et de la houle dans le transport et le dépôt des sables, des cailloux et des galets. Sur le littoral, les produits d'altération des roches, souvent d'origine fluviatile, se répartissent en fonction de la force des courants marins : tout d'abord, se déposent les éléments grossiers, puis dès que la vitesse du courant diminue, les sables et finalement les vases dans les secteurs calmes et abrités.
Excepté dans les baies, les courants de marée sont plus forts en Manche et en Iroise que sur les côtes méridionales de la Bretagne (Golfe de Gascogne). Sur le littoral nord, on constate nettement des fonds de cailloutis et de sables grossiers au large alors que les sédiments plus fins (sablo-vaseux) sont installés plutôt dans les grandes baies : Mont Saint-Michel, Saint-Brieuc, Lannion, Douarnenez.
Au sud, la zone côtière est protégée par une échine rocheuse portant les îles et presqu'îles (Glénan, Groix, Quiberon, Belle-Ile, Houat, Hoedic). Y sont ainsi enfermées des vasières alimentées principalement par les estuaires (apports continentaux). Les vasières de la baie de Concarneau et de la baie de la Vilaine dominent l'ensemble de cette dépression prélittorale.
Au-delà de cette distinction nord-ouest/sud en deux grands ensembles contrastés, il faut relever, parfois sur de très courtes distances, une grande variabilité des fonds et du linéaire côtier liée à une alternance de situations (fonds durs-fonds meubles, côte basse-côte haute, zones abritées-exposées, etc.). La combinaison de la nature géologique de la frange littorale et des mouvements marins (courants de marées, houle) favorise une grande diversité de milieux étroitement imbriqués. Pour chacun d'entre eux, il existe un étagement des populations animales et végétales remarquable qui reflète la transition entre la mer et la terre.
Evolution du trait de côte
Evidemment, selon sa nature, la côte évolue différemment. Les falaises rocheuses sont les plus résistantes aux attaques de la mer, alors que les plages de sables ou les cordons dunaires subissent des remaniements perpétuels sous l'action des houles (elles se creusent ou « s'engraissent »). De même, les marais et vasières accumulent progressivement des matériaux d'origine marine et terrestre. Cette évolution, sous l'effet de la houle, des courants marins ou du vent est un processus naturel. Mais de nos jours, les activités humaines sont de nouveaux facteurs qui participent largement de cette évolution et peuvent en modifier les mécanismes. Ce sont par exemple l'aménagement des fleuves, l'extraction de granulats dans le lit des rivières et en mer, l'aménagement et les constructions d'ouvrages en bordure de mer, le piétinement des dunes ou encore le drainage des marais littoraux.