L’élevage de Ragondins, importés pour leur fourrure, a pris son essor dans les années 1920. Comme le Vison d’Amérique et le Rat musqué, des animaux se sont échappés d’élevages, et pendant l’entre deux guerres, il y a eu des lâchers volontaires dans le milieu naturel dans le but de limiter la végétation des bords d’étangs. Il a aussi été vendu dans les années 1920 comme animal de compagnie, ce qui a certainement facilité sa diffusion dans le milieu naturel. Mais il faut attendre les années 1970 pour que l’espèce s’habitue aux hivers tempérés de la France, et qu’elle s’installe durablement dans le milieu naturel. Depuis, elle s’est bien implantée car elle a une capacité de reproduction élevée (jusqu’à 15 à 18 petits par an), et elle a peu de prédateurs naturels (Loutre d’Europe, Putois, Busard des roseaux, Héron, Renard, etc.) qui capturent essentiellement des jeunes.
Malgré la présence connue d’élevages en Bretagne dans les années 1920, le Ragondin n’a fait souche dans la région que bien plus tard, au cours des années 1980. Arrivé par le sud-est de la péninsule - notamment par la Brière - à la fin de années 1970, il s’est ensuite étendu progressivement vers l’ouest, utilisant le canal de Nantes à Brest. Aujourd’hui, seules quelques enclaves à la pointe du Finistère restent encore inoccupées.