Péninsule bretonne (vue en coupe)La Bretagne culmine à 387 m (Roc’h Trédudon, Finistère). A l’ouest de la région, le relief est marqué (Monts d’Arrée, Montagne Noire) et souvent profondément incisé par le réseau hydrographique ; il dépasse couramment 250 m. A l’est, au contraire, le relief ondule mollement ; parsemé de grandes dépressions comme les cuvettes de Rennes et du Quiou, il ne dépasse pas 150 m. Quelques buttes isolées font exception : il s’agit de la partie occidentale de la forêt de Paimpont (256 m) ou des hauteurs de Bécherel, perchées à 190 m.
Au nord de la région, hormis dans la baie du Mont-Saint-Michel, la transition entre la terre et la mer se fait souvent avec des ruptures de pentes bien marquées (pays de Léon, Trégor, Goello, Penthièvre, Pays de Dol) alors qu’au sud de l’axe Quimper/Redon, elle est plus douce grâce à des plate-formes littorales basses. En Bretagne méridionale, on observe également des zones marécageuses comme les marais de Goulaine.
Les paysages, reflets du sous-sol
Le relief et le tracé des côtes bretonnes sont les résultat de la nature du sous-sol, du jeu des grandes failles tectoniques qui la traversent et de la longue érosion qu'a subi le massif Armoricain au cours des derniers 300 millions d'années. Il suffit d'observer les schistes, les grès et les granites utilisés dans le patrimoine bâti régional pour constater que les roches dites acides dominent en Bretagne. Les calcaires, craies et autres roches dites carbonatées sont rares.
Des espaces agricoles, de potentiel souvent médiocre, se rencontrent sur les zones granitiques, sauf sur la bordure littorale où la douceur du climat est propice aux productions légumières. Les grès durs et certains schistes, résistant à l'érosion et marquant fortement le relief (Monts d'Arrée, Massif de Paimpont), sont plutôt le domaine des landes et des taillis de chênes. Les schistes les plus tendres ont donné naissance à des paysages mollement vallonnés. Les sols y sont plus profonds, associés à un relief moins contraignant, et favorisent l'activité agricole.
Le massif Armoricain se prolonge sous la mer
La mer n'est une frontière que pour nos yeux et le massif Armoricain se prolonge sous les eaux marines. Il s'étend sur près de 5 km dans le Trégor et le Léon, et atteint entre 30 et 50 km dans le golfe normand-breton et au large du Morbihan. En Manche et en Iroise, les fonds marins sont constitués de dépôts grossiers (cailloutis et graviers) hérissés d'affleurements rocheux. Dans le golfe de Gascogne, la zone littorale est occupée par des vasières et une échine rocheuse qui porte les Glénan, Groix, Houat, Hoëdic et Belle-Ile.
La Bretagne est baignée au nord par la Manche qui forme un étroit goulet entre les Iles Britanniques et le continent. Ce couloir est le siège d'importants flux de marée, que l'on ne retrouve pas sur les côtes sud qui constituent l'extrémité nord du golfe de Gascogne. Dépassant les 12 mètres dans la baie du Mont-Saint-Michel, le marnage diminue ensuite vers l'ouest : il est de l'ordre de 7,5 mètres à Roscoff et de 6 mètres à Brest. Il tend à diminuer vers le golfe de Gascogne et se stabilise vers 5 mètres sur la côte atlantique. Ce contraste hydrodynamique explique en partie que les dépôts grossiers et des formations rocheuses dominent au nord, alors qu'au sud on trouve plutôt des fonds marins meubles sablo-vaseux.