En dépit de leur intérêt écologique et de leur rôle dans la régulation des eaux de surface, les tourbières ont subi d'importantes dégradations depuis une cinquantaine d'années.
Quelle que soit leur origine, les tourbières ont naturellement tendance à se dessécher du fait de la croissance des sphaignes et de l'accumulation de tourbe. Les sphaignes croissent en hauteur pendant que la tourbe se forme dans leurs parties inférieures à l'abri de l'air, ce qui provoque l'exhaussement progressif de la tourbière. Au bout d'un certain temps, les sphaignes se dessèchent et meurent; la végétation évolue vers des espèces de moins en moins hygrophiles.
De nombreuses tourbières ont été drainées ou reboisées, ce qui accentue encore la menace d'assèchement. D'autres ont été détruites pour créer des décharges ou des étangs de loisir. "On estime que la moitié des tourbières françaises a disparu depuis la seconde guerre mondiale et qu'il ne subsiste plus que 60 000 hectares de tourbières actives (1/1000e de la superficie de la France) !" [1].