Un peu plus de 160 tourbières couvrent quelques 6 000 hectares en Bretagne, dont les trois quarts en Finistère, surtout dans les monts d'Arrée et les montagnes Noires.
Tourbières en Bretagne
Les tourbières constituent une grande famille : tourbières de pente, bombées, de vallée, de bords d'étang, etc. Elles se distinguent les unes des autres selon l'origine et le mode d'alimentation en eau. En Bretagne, la majorité sont des tourbières de pente, alimentées par des eaux de pluie et surtout un ruissellement régulier (source). Ces tourbières se présentent comme une mosaïque de coussinets et de dépressions, les "gouilles", où l'eau circule en hiver. Les tourbières de pente sont fréquentes dans les régions accidentées (monts d'Arrée, montagnes Noires, landes de Lanvaux, Mené, Massif de Paimpont). Les plus importantes se situent de part et d'autre de la ligne de crête des monts d'Arrée.
Il existe aussi quelques tourbières bombées. L'eau de pluie, pauvre en nutriments, y alimente des sphaignes qui croissent en hauteur, formant ainsi des coussinets spongieux et humides, tandis que leurs parties inférieures se transforment en tourbe à l'abri de l'air. Ce processus permet à la tourbière de se surélever progressivement. La partie centrale est toujours plus élevée d'où son nom de tourbière bombée. On ne compte que de rares tourbières bombées en Bretagne. Il s'agit de la tourbière du Venec dans le Finistère, et, en Ille-et-Vilaine, celles de Landemarais en Parigné et des Alleux à Saint-Jean-sur-Vilaine.
Enfin, la tourbière de Nesnay en Plouneour-Menez est un très bon exemple de tourbière de vallée. Les sphaignes s'installent également en bordure d'étangs aux eaux acides et pauvres en éléments minéraux, envahissant peu à peu le milieu aquatique. La tourbière de la mare aux chevreuils ou les bordures des étangs de l'Abbaye ou du pas du Houx dans la forêt de Brocéliande sont des tourbières de bords d'étang bien conservées.