Les Visons d’Amérique et d’Europe occupent des niches écologiques voisines. Les deux espèces affectionnent les milieux aquatiques et les zones humides très productifs qui leurs fournissent des proies variées. Mais le Vison américain est moins exigeant pour ses habitats, et il consomme plus de poissons que son cousin européen qui, lui, mange plus de batraciens.
Voisins écologiques, les deux visons semblent aussi partager les mêmes maladies, ce qui n’est pas sans conséquence pour le Vison d’Europe, déjà en déclin au moment de l’introduction de son cousin américain. Le virus de la maladie aléoutienne est connu pour sévir dans les élevages de Visons américains depuis les années 1960. Un bilan sanitaire de la population française des petits Mustélidés a montré que ce virus est présent chez 25 % des Visons d’Amérique, 12 % des Visons d’Europe et 11 % des Putois. Les sept départements français qui abritent le Vison d’Europe sont touchés.
Le Vison d’Amérique est décidément un intrus en Bretagne où il est classé nuisible dans les quatre départements. Il peut occasionner des dégâts dans les élevages avicoles, mais aussi détruire des pontes d’oiseaux marins dans des espaces protégés du littoral. Des campagnes massives de piégeage contre l’espèce ont été conduites depuis une vingtaine d’années dans la région. Il est probable que de nombreux Visons d’Europe ont été détruits par erreur tant la confusion entre les deux espèces est facile, ce qui a contribué à sa disparition en Bretagne.