Depuis plus d’un siècle, les populations de Visons d’Europe se sont réduites comme peau de chagrin. Encore présent en Bretagne jusqu’aux années 1980, il semble actuellement avoir disparu de la région.
A la fin du XIXe siècle, le Vison d’Europe occupait la majeure partie de l’Europe à l’exception de la péninsule scandinave, des îles Britanniques et des pays méditerranéens. L’évolution de sa population en France apparaît pour le moins énigmatique. Apparu comme par enchantement à l’ouest du pays aux environs de 1830 sans lien apparent avec les populations de l’Europe de l’Est, des naturalistes le mentionnent alors sous le nom de Vison du Poitou. Moins d’un siècle plus tard, il est déjà signalé en régression et son aire de répartition semble se déplacer vers le sud, atteignant finalement l’Espagne où il est encore présent aujourd’hui bien que menacé depuis les années 1950. Alors qu’on le trouvait dans une quarantaine de départements français au début du XXe siècle, une étude réalisée sur la période 1991-1997 n’a permis de le trouver que dans sept départements du sud-ouest de la France.
En Bretagne, sa présence est attestée en Ille-et-Vilaine à la fin du XIXe siècle, et confirmée en Finistère, Côtes d’Armor et Morbihan, entre 1940 et 1980. Au début des années 1990, sa présence est encore détectée en Haute Bretagne. Mais la campagne nationale de piégeage, menée entre 1991 et 1997, n’a pas permis de le trouver dans la région. Alors, le Vison d’Europe a-t-il disparu de Bretagne ? La région offrant des habitats favorables à l’espèce et la campagne de piégeage ayant été restreinte, il n’est pas impossible que le Vison européen se soit maintenu de façon localisée sans qu’il soit possible de le détecter. Mais les quelques individus survivants seraient alors noyés dans un « océan » de visons américains, avec lesquels ils sont facilement confondus. Des cousins bien encombrants qui pourraient bien contribuer, si ce n’est déjà fait, à sa disparition de la péninsule bretonne.