Un nouveau dicton pourrait bien voir le jour : « Nuages sur la côte, stress chez les grandes algues brunes ». C’est en tout cas ce que révèlent les derniers résultats d’une étude internationale[1] à laquelle a participé Philippe Potin, chercheur au laboratoire « Végétaux marins et biomolécules » de la station biologique de Roscoff[2]. Quand les grandes algues brunes laminaires et ascophyllum sont stressées, soit parce qu’elles sont attaquées par des pathogènes, soit parce qu’elles se retrouvent émergées et donc exposées à la déshydratation à marée basse, elles libèrent de l’iodure. Celui-ci se comporte comme un agent antioxydant et protège ces grandes algues brunes des dommages cellulaires en se transformant en iode gazeux. Dans l'air, l'iode gazeux réagit avec l'ozone pour former des particules iodées qui condensent la vapeur d eau et participe à la formation de nuages. Quel est l’impact du phénomène sur le climat côtier ? Des scientifiques britanniques en partenariat avec la Station biologique de Roscoff se sont lancés dans des modélisations pour trouver la réponse. Rendez-vous fin 2008 pour les premiers résultats !
[1] Frithjof C. Küpper, Lucy J. Carpenter, Gordon B. McFiggans, Carl J. Palmer, Tim J. Waite, Eva-Maria Boneberg, Sonja Woitsch, Markus Weiller, Rafael Abela, Daniel Grolimund, Philippe Potin, Alison Butler, George W. Luther III, Peter M. H. Kroneck, Wolfram Meyer-Klaucke, and Martin C. Feiters Iodide accumulation provides kelp with an inorganic antioxidant impacting atmospheric chemistry PNAS Mai 5, 2008, 10.1073/pnas.0709959105 (Environmental Sciences-Social Sciences) [2] CNRS/Université Paris 6
Le campus numérique en environnement et aménagement (Envam) vient de publier son nouveau programme de formations à distance. Depuis 2005, environ 100 professionnels ont suivi chaque année les cours de l’Envam. Ceux-ci sont élaborés par des enseignants-chercheurs issus de huit établissements d'enseignement supérieur dont cinq[1] sont régionaux, en collaboration avec des experts professionnels bretons. Parmi les sujets qui ont le plus de succès ces derniers temps, on trouve « Conduite de la concertation » et « Système d’information géographique ». Pour l’année scolaire 2008-2009, l’Envam propose notamment deux nouveautés en phase avec l’actualité : « Energies renouvelables et non renouvelables » et « Gestion des déchets ». Au total, ce sont plus de 40 modules de 20 heures, réparties sur 10 semaines, qui s’adressent à un public très varié. S’y mêlent aussi bien des responsables scientifiques, que des permanents de structures professionnelles ou de développement économique, ou encore des ingénieurs et techniciens de bureaux d’étude. L’Envam leur propose des parcours qualifiants et facilite l’accès aux diplômes de niveau master. Rendez-vous le 20 octobre 2008 et le 23 mars 2009 pour les prochaines sessions.
[1] Université de Rennes 1 (établissement porteur du campus), Université de Rennes 2, Université de Bretagne Occidentale, Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes, Agrocampus Rennes
Les Bretons vivront-ils bientôt dans des bâtiments basse consommation ? Le programme de recherche et d’expérimentation dans le bâtiment (Prebat) devrait y contribuer. Il a pour finalités de réduire d’un facteur quatre à l’horizon 2050 les émissions de gaz à effet de serre dans ce secteur. L’enjeu est fort en Bretagne où le bâtiment totalise 48 % de l’énergie finale consommée. C’est également le deuxième secteur (+ 11 %) en plus forte croissance d’émission de CO2 après le transport (+ 18 %) par rapport à 1990. Pour préparer 2050, place à l’expérimentation ! En Bretagne, le conseil régional et les conseils généraux des quatre départements ainsi que l’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) s’allient pour aider des projets régionaux. Les objectifs pour 2008 sont d’économiser 3,7 GWh et d’éviter près de 1 300 tonnes de CO2. Tous les types de maîtres d’ouvrages publics et privés à l’exception des particuliers sont concernés. Les projets retenus valoriseront la construction ou la rénovation de logements collectifs ou individuels groupés ou encore de bâtiments tertiaires de toute nature. La clôture du dépôt des dossiers aura lieu le 31 juillet 2008.
Séismes, déchets inertes, énergie éolienne, directive cadre sur l'eau... Voici quelques exemples parmi les 70 nouvelles cartes venues enrichir la cartothèque de Bretagne environnement. Il y a du nouveau aussi sur le site de cartographie interactive. Vous pouvez désormais visualiser deux fonds de carte. Le Scan 25 de l’IGN représente une collection d’images cartographiques numériques découpée en dalle de 10 x 10 km, soit 384 dalles pour la Bretagne, mises à disposition du GIP Bretagne environnement dans le cadre du projet GéoBretagne. L’orthophotographie littorale diffusée en accès Web Map Service (WMS) par le Géolittoral permet de visualiser des photographies aériennes sur une bande de 6 km de large afin d’assurer la couverture des estrans et des estuaires. Voici des fonds de carte qui, superposés aux autres données, intéresseront particulièrement les professionnels. Le site de cartographie interactive vous offre aussi deux nouvelles fonctionnalités pour personnaliser vos cartes à volonté : un module de ré-organisation des couches et des outils de dessin évolués. Découvrez sans plus tarder ces nouveautés !
Que diriez-vous de participer à une enquête régionale sur les amphibiens et les reptiles ? Ce projet, coordonné par Bretagne vivante – SEPNB et VivArmor Nature pour la Bretagne, s’inscrit dans un Contrat Nature et comporte deux volets. Il s’agit d’une part d’actualiser et d’affiner l’atlas de répartition des espèces présentes dans la région. Celui-ci date de 1988[1]. D’autre part, les deux associations vont suivre des sites témoins localisés dans des espaces protégés ou de nature dite banale pour évaluer l’abondance et la dynamique des populations d’amphibiens et de reptiles. Cette nouvelle enquête, qui va couvrir la période 2000-2011, fournira des informations sur la situation des espèces en Bretagne mais aussi sur l’évolution des milieux qu’elles fréquentent. Amphibiens et reptiles partagent en effet un point commun : ils vivent dans des milieux qui ont subi de profonds bouleversements liés aux activités humaines, notamment agricoles. Ainsi, les mares nécessaires à la reproduction des grenouilles, crapauds et autres tritons sont souvent de simples trous d’eau temporaires où le bétail vient s’abreuver ou des fossés en contrebas des haies et talus. Les reptiles, en tant que prédateurs, fournissent de précieuses informations sur la qualité de la chaîne alimentaire. Mieux comprendre la répartition de ces espèces, c’est donc aussi prendre la mesure des mutations des paysages qu’elles soient dues aux changements d’activités humaines ou aux pollutions.
[1] Penn ar Bed n°126-127, Bretagne Vivante – SEPNB
Mardi 22 avril, une fuite accidentelle de produit de traitement du bois dans une entreprise de matériaux de Lannilis a provoqué une pollution chimique dans le ruisseau du Diouric, un affluent de l’Aber-Benoît dans le Finistère. 8 à 10 000 litres de Tanalith E 3.499, un produit utilisé pour la préservation du bois contre la pourriture et les dégâts causés par les insectes, se sont déversés dans les canalisations des eaux de pluie de l’entreprise. Le produit s’est ensuite écoulé dans le petit cours d’eau, provoquant instantanément une coloration bleue, due au cuivre. Le Tanalith est considéré comme nocif et dangereux pour l’environnement et rapidement un certain nombre de poissons morts ont été observés. Cependant, la forte solubilité du produit dans l’eau (hormis la fraction contenant du cuivre précipité rapidement dans le cours d’eau) a permit de limiter l’étendue de la pollution. Les pompiers ont procédé au nettoyage de la portion du cours d’eau affectée et curé 10 m3 de terre souillée. L’Ifremer(1) et le Cedre(2) ont effectué des analyses à différents points de la rivière jusqu’à l’estuaire. Le produit était déjà très dilué en arrivant dans l’Aber-Benoît. Des arrêtés municipaux ont été pris à Lannilis et Tréglonou afin d’interdire la pêche dans ce secteur ainsi que la vente de coquillages aux trois entreprises ostréicoles situées à l’aval. Selon la Drire(3), intervenue le jour même avec la cellule chimique de Brest et la préfecture, cet « incident doit être mis à profit pour mettre à niveau les pratiques et faire évoluer les mesures de sécurité au sein des entreprises industrielles stockant des produits dangereux. Dans le cas présent les dispositifs de collecte internes exigés par l’arrêté d’autorisation n’ont pas joué leur rôle et cette infraction a été relevée par l’inspection ».
(1) Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (2) Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (3)Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement
Pour en savoir plus: Les arrêtés municipaux peuvent être consultés dans les mairies de Lannilis et de Tréglonou et à la préfecture.
Cette année, si vous pratiquez la pêche à pied en Côtes-d’Armor à Landrellec, Plouézec, l’îlot du Verdelet ou Saint-Jacut-de-la-Mer, vous rencontrerez probablement un adhérent de VivArmor Nature. S’il n’est pas là pour étudier la faune et la flore de l’estran, il vous interrogera sur vos pratiques ou bien vous informera sur la taille des captures, les périodes de pêche, les aspects sanitaires ou le maintien de la biodiversité. Profitant des grandes marées d’avril à septembre, l’association VivArmor Nature se lance à la rencontre des pêcheurs à pied en mariant pédagogie, étude sociologique et suivi écologique. Elle lance ainsi un grand chantier : proposer une gestion durable de l’activité récréative de la pêche à pied et préserver la biodiversité littorale. L’opération, qui bénéficie d’un Contrat Nature, débute en Côtes-d’Armor mais pourrait être étendue à toute la Bretagne. Les enjeux sont forts : la pêche à pied est une activité ancrée dans la culture bretonne et dont le succès s’est largement répandu auprès des visiteurs estivaux. Si le nombre de pêcheurs à pied ne cesse d’augmenter, la grande majorité d’entre eux ignore totalement la réglementation qui régit l’activité. Il est donc urgent d’intervenir si on veut pérenniser ce loisir et conserver la biodiversité des estrans.
Cela fait 10 ans que le réseau Grand corbeau recense ces grands oiseaux noirs dans toute la région. Une vingtaine de bénévoles participent aujourd’hui à cette dynamique ; plusieurs d’entre eux font partie du Groupe ornithologique breton, de la Ligue pour la protection des oiseaux ou encore de Bretagne vivante - SEPNB et du Groupe d'études ornithologiques des Côtes d'Armor. Chaque année, les observateurs visitent plusieurs dizaines de carrières et prospectent autant de kilomètres de côte. Et ce n’est rien comparé aux centaines de kilomètres qu’il a fallu parcourir au lancement du réseau en 1997 quand on manquait de connaissances sur l’espèce. Le réseau Grand corbeau vient de publier son dernier bilan : en 2007, il a comptabilisé 35 couples nicheurs et 4 couples cantonnés sur un site potentiel de nidification. Cela semble peu mais c’est beaucoup pour une espèce qui a bien failli disparaître de la Bretagne. En 2000, on n’en comptait pas plus de 23. La population de grands corbeaux est donc en pleine croissance. Pourvu que ça dure !
Du 15 avril au 15 octobre 2008, vous pouvez donner votre avis sur le projet de Schéma directeur d'aménagement et de gestion de l'eau (Sdage) du bassin Loire-Bretagne. Le Sdage est un document qui décrit la stratégie pour améliorer le plus rapidement possible la qualité de nos rivières, de nos lacs, des eaux souterraines et côtières. L'objectif est d'atteindre le bon état écologique des eaux en 2015 comme l'exige la Directive cadre sur l'eau. Vers le 15 mai prochain, chacun des 6 millions de foyer du bassin Loire-Bretagne recevra dans sa boite au lettre un questionnaire… Ne le jetez pas à la poubelle, ce document est important ! Il vous permet de donner votre avis sur la manière dont est gérée l’eau et sur ce que vous attendez de sa qualité. L’eau est présente au quotidien dans notre vie : pour la boisson, la toilette, pour nos loisirs (baignade, plaisance…), elle est omniprésente dans notre paysage (rivières, lac, zones humides…) même si on ne la voit pas toujours (nappes souterraines, eau du sol…) ; elle constitue aussi l’habitat de nombreuses espèces : poissons, plantes… Chacun est donc concerné par la manière dont elle est gérée et donc par son devenir. Sous le slogan « Ensemble, prenons soin de l’eau », l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, communique auprès de tous (particuliers, enfants, élus…) afin que chacun comprenne les enjeux et son implication personnelle dans le cadre de cette consultation. N’hésitez pas à visiter le site Internet http://www.prenons-soin-de-leau.fr , il est là pour répondre à toutes vos questions. Vous pourrez également répondre au questionnaire en ligne.
Pour en savoir plus:
- Pour le jeune public, une bande dessinée pour comprendre les enjeux de la consultation sur l’eau
Dialogues au bord de l’eau
Bien que réputée pour son climat plutôt humide, la Bretagne connaît des sécheresses récurrentes. On observe depuis le début du XXe siècle que les étés secs reviennent pratiquement tous les 10 ans. Même si en ce moment l’eau ne manque pas, le Préfet d’Ille-et-Vilaine a émis le 8 janvier dernier un arrêté cadre sécheresse. Celui-ci « délimite les zones d’alerte où sont définies les mesures de limitation ou de suspension des prélèvements d’eau du 1er mai au 31 octobre dans le département, pour faire face à une menace ou aux conséquences d’une sécheresse ou à un risque de pénurie ». Ainsi, le département d’Ille-et-Vilaine est découpé en 352 grandes zones hydrographiques dans chacune desquelles est organisée la gestion de la ressource en eau. Trois seuils (vigilance, seuil 1, seuil 2), fondés sur le débit des principaux cours d’eau, sont définis pour chacune de ces zones. Quand le niveau de vigilance est atteint, les différents services compétents de l’Etat se réunissent et le public est informé. Si le seuil 1 est franchi, plusieurs mesures de restriction doivent être mises en pratique. Notamment, l’interdiction de laver voitures, façades, toitures, voiries…, de remplir piscines et plans d’eau ou encore d’arroser les pelouses, massifs floraux, terrains de sport (publics ou privés) entre 8 heure et 20 heure. En cas de franchissement du seuil 2, des mesures supplémentaires s’appliquent telles que l’interdiction de prélever de l’eau dans le milieu naturel sauf pour l’eau potable ou d’arroser pelouses et terrains de sport. L’arrosage du jardin est interdit entre 8 heure et 20 heure.