Le bilan de l’eau en Bretagne pour 2007 vient d'être édité par la Direction régionale de l’environnement (Diren) de Bretagne. Au travers de données, de cartes, de graphiques et de commentaires explicatifs, ce bilan dresse un état à la fois sur la qualité des eaux, sur le niveau de la ressource et sur les mesures engagées en faveur de la reconquête de la qualité de l’eau. Après quatre années déficitaires en eau, l’année 2007 marque une pluviométrie légèrement supérieure à la moyenne et particulièrement abondante durant l’été. Cette répartition des pluies a permis de maintenir un niveau d’étiage très soutenu, une bonne recharge des nappes souterraines et un bon niveau de remplissage des retenues. Dans ce contexte, la qualité de l’eau est demeurée stable en concentration en nitrates avec, comme l’an passé, 30,6 mg/l dans les cours d’eau. Les teneurs en pesticides ont baissé mais la contamination des eaux souterraines et superficielles reste élevée sur l’ensemble de la région. Les eaux distribuées se maintiennent à un bon niveau de qualité après traitement, aussi bien pour les nitrates que pour les pesticides. La brochure est disponible au format papier sur demande auprès de la Diren. Elle est également téléchargeable sur son site Internet.
Le site Internet d'océanographie côtière opérationnelle Previmer vient de s'enrichir d'un nouveau démonstrateur dédié à la production phytoplanctonique le long des côtes bretonnes. Il présente les résultats d'une simulation des cycles naturels de l'azote, du phosphore et du silicium sur la bande côtière de 50 à 100 km entourant la Bretagne. Comme le démonstrateur "Golfe de Gascogne" en fonctionnement opérationnel depuis un an, il fournit, cette fois avec une maille de 3x3 km, pour le jour courant et le lendemain, en surface et au fond, la répartition de la salinité et de la température, des nutriments dissous (nitrate, phosphate et silicate), ainsi que celle des diatomées (phytoplancton siliceux), des dinoflagellés et des nanoflagellés (phytoplancton non-siliceux).
En raison des phénomènes variés d'eutrophisation observés le long des côtes bretonnes, ce démonstrateur propose en outre une simulation de variables permettant :
- de visualiser la part des apports azotés de la Loire tant dans la richesse en nitrate que dans la biomasse phytoplanctonique générée,
- de suivre en temps réel l'effet de l'eutrophisation sur un paramètre-clé pour la faune marine : l'oxygène dissous,
- de visualiser l'effet indirect de l'enrichissement excessif en azote par rapport à la silice en simulant une catégorie particulière de diatomées (les Pseudo-Nitzschia) et le risque de leur production de toxine amnésiante, néfaste aux consommateurs de coquillages quand ceux-ci ont concentré la toxine.
Ce modèle d'écosystème pélagique vise à reproduire certaines des grandes tendances et à en fournir une explication dynamique. Il devrait, par exemple, fournir une aide à la compréhension des phénomènes observés chaque semaine à la côte par le réseau Rephy, en leur donnant une « profondeur de champ » vers le large et dans le temps. En cela, il peut contribuer à passer de la vision très côtière suffisante pour la Directive cadre sur l'eau à celle plus élargie bientôt requise par la directive européenne stratégie pour le milieu marin de l'Union européenne.
Lundi 7 juillet s’est tenu le premier Comité stratégique régional de l’eau organisé dans le cadre du volet eau du contrat de projet État-Région 2007-2012 (Grand projet 5). Tous les acteurs institutionnels, associatifs et les représentants de la profession agricole étaient réunis pour cette « grande messe » afin d’échanger sur l’état de la ressource en eau en Bretagne, sur les outils pour la reconquête de sa qualité et sur les premières concrétisations en la matière. A la tribune, M. Jean Daubigny - préfet de région, M. Gérard Mével - vise président du Conseil régional de Bretagne chargé de l’environnement, M. Noël Mathieu - directeur général de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne et M. Bertand Guizard - chargé de la Mission interdépartementale et régionale de l’eau (MIRE), ont rappelé le contexte actuel de la thématique eau au niveau européen, national et régional. Ainsi, la gestion de l’eau a pris une nouvelle orientation avec la loi sur l’eau du 30 décembre 2006, le nouveau contrat de projet Etat-Région démarré en 2007 et l’actuelle révision du Sdage avec la consultation du public en cours jusqu’au 15 octobre 2008. Dix exposés ont ensuite été présentés devant l’assemblée retraçant l’état des lieux de la qualité des eaux en 2007, les contentieux en cours, les résultats des contrôles relatifs à l’application de la réglementation et les outils pour atteindre le bon état des eaux en 2015 comme l’exige la Directive cadre sur l’eau.
C’est l’été et le beau temps vous donne envie de profiter des activités de plein air, aller pêcher des fruits de mer et de vous baigner par exemple. C’est une bonne idée, mais il serait dommage de gâcher vos vacances à cause d’une intoxication alimentaire parce que vous avez mangé des coquillages contaminés par des algues toxiques ou à cause de plaques rouges sur votre corps parce que vous vous êtes baigné dans une eau polluée. Alors avant de pratiquer ces deux activités, vérifiez la bonne qualité des secteurs de pêche et de baignade où vous décidez d’aller.
Les plages interdites à la baignade
Avant d’aller vous baigner, en mer ou en eau douce, consultez le site du ministère de la Santé. Il vous renseigne sur la qualité des eaux de baignade des plages près de chez vous.
Les secteurs interdits à la pêche de coquillages
Surveillance sanitaire des coquillages et sites de pêche à pied de Bretagne
Consultez le site Internet de la Drass Bretagne. Il vous informe sur l’état sanitaires des zones de pêche à pied notamment celles faisant l’objet d’interdictions illimitées de ramassage de coquillages.
Que diriez-vous d’un grand bol de « nature » estival ? De nombreuses structures accueillent le public sur le terrain de juillet à septembre. Car rien ne vaut un interlocuteur passionné et passionnant pour répondre à vos questions ou tout simplement vous révéler les richesses à côté desquelles vous seriez peut-être passé sans médiateur. Quel que soit votre centre d’intérêt, il y a fort à parier que vous le satisferez. Oiseaux, minéraux, flore, dunes, îles, etc., ce n’est pas le choix qui manque pour l’été 2008. Touriste de passage ou Breton : chacun repartira un peu plus riche de savoir et d’émerveillement.
3,74 €/m3 : c’est en moyenne le prix que payent les Bretons pour l’eau du robinet. Ce prix intègre le service d’alimentation en eau potable (1,49 €), le service d’assainissement collectif (1,26 €), les redevances prélèvement et pollution et les taxes. En 2006, la Bretagne reste donc encore la région où le prix de l’eau est le plus élevé, avec un prix supérieur de 17 % au prix moyen observé dans le bassin Loire-Bretagne comme le révèle la dernière enquête sur le prix de l’eau réalisée par l’observatoire du prix de l’eau et de l’assainissement du bassin Loire-Bretagne. Le niveau de prix s’explique principalement par la rareté et la qualité de la ressource. L’eau est puisée à 80 % dans les eaux de surface, plus exposées aux étiages et aux pollutions que les eaux souterraines. Pour potabiliser l’eau, des investissements coûteux en systèmes de prélèvement et de traitement sophistiqués sont donc nécessaires. D’autre part, on peut citer la présence prépondérante d’un assainissement collectif, premier facteur de variation du prix de l’eau d’une commune à l’autre. En Bretagne, 80 % des communes en disposent, contre 70 % dans le reste du bassin Loire-Bretagne. Enfin, l’eau coûte plus cher dans les communes littorales qui accueillent une forte population lors des pics touristiques. Les usines de potabilisation et d’assainissement doivent permettre de faire face aux besoins maximaux en prélèvement et en assainissement.
Un nouveau dicton pourrait bien voir le jour : « Nuages sur la côte, stress chez les grandes algues brunes ». C’est en tout cas ce que révèlent les derniers résultats d’une étude internationale[1] à laquelle a participé Philippe Potin, chercheur au laboratoire « Végétaux marins et biomolécules » de la station biologique de Roscoff[2]. Quand les grandes algues brunes laminaires et ascophyllum sont stressées, soit parce qu’elles sont attaquées par des pathogènes, soit parce qu’elles se retrouvent émergées et donc exposées à la déshydratation à marée basse, elles libèrent de l’iodure. Celui-ci se comporte comme un agent antioxydant et protège ces grandes algues brunes des dommages cellulaires en se transformant en iode gazeux. Dans l'air, l'iode gazeux réagit avec l'ozone pour former des particules iodées qui condensent la vapeur d'eau et participe à la formation de nuages. Quel est l’impact du phénomène sur le climat côtier ? Des scientifiques britanniques en partenariat avec la Station biologique de Roscoff se sont lancés dans des modélisations pour trouver la réponse. Rendez-vous fin 2008 pour les premiers résultats !
[1] Frithjof C. Küpper, Lucy J. Carpenter, Gordon B. McFiggans, Carl J. Palmer, Tim J. Waite, Eva-Maria Boneberg, Sonja Woitsch, Markus Weiller, Rafael Abela, Daniel Grolimund, Philippe Potin, Alison Butler, George W. Luther III, Peter M. H. Kroneck, Wolfram Meyer-Klaucke, and Martin C. Feiters Iodide accumulation provides kelp with an inorganic antioxidant impacting atmospheric chemistry PNAS Mai 5, 2008, 10.1073/pnas.0709959105 (Environmental Sciences-Social Sciences) [2] CNRS/Université Paris 6
Comment l’eau circule sur la terre ? Comment rendre l’eau potable ? Comment faire des économies d’eau ? Voici quelques unes des problématiques auxquelles l’exposition « L’eau des loustics » propose de sensibiliser les enfants et pré-ados. Cette exposition interactive propose un regard ludique et citoyen du cycle de l’eau domestique. Conçue par l’association Les petits débrouillards Bretagne, associée à l’Agence de l’eau, elle a pour objectif d’apprendre à préserver la qualité de l’eau, à sauvegarder cette ressource naturelle, dans une perspective de développement durable. Composée de 9 modules d’expérimentation, cette exposition peut être animée pendant 2 heures. Chaque module est structurée en 4 rubriques et propose d’aborder les thématiques suivantes :
- la découverte du cycle naturel de l’eau ;
- l’eau, sa composition, ses propriétés, son origine ;
- l’utilisation de l’eau par l’homme : cycle de l’eau domestique, eau source d’énergie, économie d’eau ;
- les usages de l’eau (de sa propre consommation aux besoins des agriculteurs et entreprises), son parcours, sa gestion…
- la qualité de l’eau (éléments de mesures, faune et flore…). Destinée aux enfants du CM1 au début collège, l’exposition peut être sollicitée par les collectivités, les syndicats mixtes, les établissement scolaires ou encore les structures culturelles.
Le campus numérique en environnement et aménagement (Envam) vient de publier son nouveau programme de formations à distance. Depuis 2005, environ 100 professionnels ont suivi chaque année les cours de l’Envam. Ceux-ci sont élaborés par des enseignants-chercheurs issus de huit établissements d'enseignement supérieur dont cinq[1] sont régionaux, en collaboration avec des experts professionnels bretons. Parmi les sujets qui ont le plus de succès ces derniers temps, on trouve « Conduite de la concertation » et « Système d’information géographique ». Pour l’année scolaire 2008-2009, l’Envam propose notamment deux nouveautés en phase avec l’actualité : « Energies renouvelables et non renouvelables » et « Gestion des déchets ». Au total, ce sont plus de 40 modules de 20 heures, réparties sur 10 semaines, qui s’adressent à un public très varié. S’y mêlent aussi bien des responsables scientifiques, que des permanents de structures professionnelles ou de développement économique, ou encore des ingénieurs et techniciens de bureaux d’étude. L’Envam leur propose des parcours qualifiants et facilite l’accès aux diplômes de niveau master. Rendez-vous le 20 octobre 2008 et le 23 mars 2009 pour les prochaines sessions.
[1] Université de Rennes 1 (établissement porteur du campus), Université de Rennes 2, Université de Bretagne Occidentale, Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes, Agrocampus Rennes
Les Bretons vivront-ils bientôt dans des bâtiments basse consommation ? Le programme de recherche et d’expérimentation dans le bâtiment (Prebat) devrait y contribuer. Il a pour finalités de réduire d’un facteur quatre à l’horizon 2050 les émissions de gaz à effet de serre dans ce secteur. L’enjeu est fort en Bretagne où le bâtiment totalise 48 % de l’énergie finale consommée. C’est également le deuxième secteur (+ 11 %) en plus forte croissance d’émission de CO2 après le transport (+ 18 %) par rapport à 1990. Pour préparer 2050, place à l’expérimentation ! En Bretagne, le conseil régional et les conseils généraux des quatre départements ainsi que l’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) s’allient pour aider des projets régionaux. Les objectifs pour 2008 sont d’économiser 3,7 GWh et d’éviter près de 1 300 tonnes de CO2. Tous les types de maîtres d’ouvrages publics et privés à l’exception des particuliers sont concernés. Les projets retenus valoriseront la construction ou la rénovation de logements collectifs ou individuels groupés ou encore de bâtiments tertiaires de toute nature. La clôture du dépôt des dossiers aura lieu le 31 juillet 2008.