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L'Elodée dense (Egeria densa) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
L'Elodée dense (Egeria densa)
Le phénomène
La gestion
Perspectives et recherche
Références
Importée d’Amérique du Sud au début du XX ème siècle, l’Elodée dense a petit à petit colonisé les milieux aquatiques français. Encore localisée dans les bassins versants bretons, la plante constitue néanmoins  un problème majeur pour la diversité biologique et les usages des milieux aquatiques.

A. Description, origine et répartition géographique : une Hydrocharitacée importée parmi d’autres.

L’Elodée dense (ou Egérie dense) appartient à la famille des Hydrocharitacées, l’une des nombreuses familles de plantes aquatiques.


Biologie et écologie

Elodée dense
Elodée dense
DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey DatsoTout comme l’Elodée du Canada, l’Elodée de Nutall ou le Lagarosiphon major, l’Elodée dense (Egeria densa Planch.) appartient à la famille des Hydrocharitacées rassemblant des plantes aquatiques qui s’ancrent dans le fond des plans d’eau et restent submergées.
Egeria densa est caractérisée par des tiges grêles d’un diamètre de 0,5 cm qui peuvent atteindre 3 m de longueur. Les feuilles s’insèrent sur la tige par groupe de quatre généralement. La plante produit facilement des ramifications lorsqu’elle est brisée. Des feuilles poussent alors par groupes plus fournis à l’endroit de la cassure. L’Elodée dense produit des racines qui peuvent s’enfoncer à plusieurs centimètres de profondeur dans le substrat.

Reproduction
L’Elodée dense se reproduit par multiplication végétative. Lorsque les tiges cassent, elles sont transportées par le courant et s’ancrent plus en aval, dans un endroit calme. Des racines dormantes sont en effet présentes au niveau des nœuds de ces propagules. En cas de cassure, elles peuvent « se réveiller » et ancrer facilement la plante ou le morceau brisé dans le fond de l’eau.
L’Elodée dense n’a pas de reproduction sexuée sur le territoire breton. C’est une plante dioïque, c'est-à-dire qu’elle se présente sous forme d’individus mâles et femelles. Les fleurs ne sont donc pas hermaphrodites. Or, seuls des plants mâles ont été introduits en Europe. La reproduction sexuée qui correspond à la formation de graines suite à la pollinisation d’une fleur femelle par du pollen de fleurs mâles n’est donc pas possible.
La reproduction végétative est donc le seul moyen de propagation de l’espèce et celui-ci se révèle très efficace.
Des fleurs sont toutefois émises lorsque la tige atteint la surface de l’eau, d’août à novembre selon les régions.

Introduction en France et en Bretagne
Egeria densa a été découverte pour la première fois en milieu naturel en 1961 dans un barrage d’un cours d’eau du département de la Manche : la Sélune (1). La présence de cette plante en Europe est toutefois beaucoup plus ancienne. La plante fut introduite au début du XX ème siècle et fut même cultivée dès 1919 à des fins d’expérimentation dans les laboratoires de physiologie végétale et pour l’aquariophilie. Elle est d’ailleurs vendue en animalerie sous l’appellation d’Anacharis. En effet, cette plante est très prisée des aquariophiles, qui par mégarde ou méconnaissance peuvent la déverser dans les milieux naturels. Le grand nombre de pages internet sur l’aquariophilie dédiées à cette plante en témoigne.
Dans le bassin versant de Loire-Bretagne, sa présence fut notée sur l’Erdre dès 1962. Egeria se développe également dans le canal de Nantes à Brest où on le retrouve par endroit en forte densité. Dans le bassin de la Vilaine, les zones les plus colonisées par Egeria densa se situent sur le cours de l’Oust entre Rohan et Malestroit (56) et de Redon à l’embouchure du fleuve. Il existe toutefois d’autres zones colonisées sur ce bassin versant (A) et dans le Morbihan (2,3).
Dans le Finistère, Egeria densa est également présent dans plusieurs étangs comme celui de  Créa’ch Gwen à Quimper, de Kerléguer à Bohars, près de Brest (4). Il se développe probablement dans de très nombreux étangs des Côtes d’Armor où il est souvent mal déterminé (par exemple l’étang de Maël-Carhaix).



Dernière mise à jour : ( 22-02-2008 )