|
Page 1 sur 5 Introduite au début du XX ème siècle en Europe, la Crassule de Helm se dissémine un peu partout en Europe et y provoque des nuisances importantes. Encore localisée en Bretagne, ses capacités de développement ne sont pas à prendre à la lègère.
A. Description, biologie et répartition : une plantes aux allures variables La Crassule de Helm est une plante amphibie venue de loin et qui colonise facilement les milieux aquatiques. Description, classification, biologie
Crassule de Helm DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso La Crassule de Helm est une petite plante aquatique qui porte le nom scientifique de Crassula helmsii (Kirk) Cockayne. D’autres noms français lui sont prêtés comme l’Orpin des marais, l’Orpin australien, l’Orpin des marais australien ou encore l’Herbe folle Pigmy de Nouvelle Zélande (1). D’autres noms scientifiques sont parfois utilisés mais ne sont pas valables : Tillea helmsii, Tillea recurva ou Crassula recurva. La Crassule de Helm appartient à la famille des Crassulacées, famille qui regroupe de nombreuses espèces de plantes grasses, capables de stocker dans l’ensemble de leurs tissus des réserves de nutriments. Les Orpins, l’Ombilic… appartiennent à cette famille. Cette famille est beaucoup plus fréquemment développée dans des milieux secs. Les tiges de la Crassule de Helm mesurent de 10 à 130 cm de longueur pour un diamètre très faible (quelques millimètres). Les feuilles ont une forme linéaire et recourbée et sont démunies de pétiole. Elles mesurent 4 à 20 mm de longueur et 0,7 à 1,6 mm de large. Chaque nœud peut émettre des racines qui ancrent davantage la plante dans le substrat ou absorbent directement les nutriments dans l’eau. La Crassule de Helm vit dans les zones humides au sens large du terme. Elle se développe dans des plans d’eau jusqu’à 3 m de profondeur mais aussi hors de l’eau sur sol détrempé. Elle adapte sa forme en fonction de ces milieux de vie : - En pleine eau, la Crassule de Helm atteint sa longueur maximale (130 cm) et est bien enracinée au fond de l’eau. Les tiges sont peu succulentes et les feuilles sont situées vers le sommet de la tige.
- Lorsque la profondeur est plus faible (inférieure à 50 cm), la plante émet davantage de ramifications qui deviennent aériennes au milieu de l’été. Les herbiers se densifient.
- Quand l’eau se raréfie, les branches et ramifications sont encore plus nombreuses, les distances entre les nœuds diminuent encore et la plante devient plus grasse.
Dans son aire de répartition naturelle, la Crassule de Helm est très tolérante vis-à-vis des variations du milieu. Elle se développe toute l’année dans une gamme de température qui va de – 6 °C en hiver à 30°C en été. Sa tolérance à l’humidité est tout aussi large : de 10 mm à 3000 mm précipitations. Elle supporte également des milieux acides à basiques et même des eaux légèrement salées. La Crassule de Helm peut être confondue avec certaines espèces de plantes autochtones comme les Callitriches. Elles en diffèrent par deux critères principaux : - L’insertion des feuilles de la Crassule de Helm se fait par un pétiole de 1 mm de longueur
- Les feuilles de la Crassule de Helm sont pointues et entières alors que celles des Callitriches ne sont jamais aigües (échancrées, dentées pour le Callitriche en hameçons, ou arrondies pour le Callitriche stagnant ou le Callitriche à carpelles aplatis).
Reproduction Tous les ans la plante émet de petites fleurs situées au niveau de l’insertion des feuilles. Si des graines ont été observées en Angleterre, aucune n’a engendré de nouvelle plante. La Crassule de Helm se reproduit par multiplication végétative. En automne, le sommet des tiges émet de petits bourgeons appelés turions. Ceux-ci se détachent de la tige et peuvent coloniser d’autres zones, poussés par le vent à la surface de l’eau. Durant le reste de l’année, la plante peut se propager facilement sans ses turions. Des petits fragments de 5 mm de tige, du moment qu’ils contiennent un nœud, peuvent engendrer un nouvel individu (A). Origine et répartition La Crassule de Helm est originaire d’Océanie. Elle est surtout présente en Nouvelle Zélande et en Australie. Elle fut introduite en Angleterre en 1911 en provenance de Tasmanie (2). Elle y fut commercialisée en 1927 en tant que plante oxygénatrice des aquariums. Les premières observations de la plante en milieu naturel datent de 1956. Elle a depuis conquis une grande partie du sud de l’Angleterre. Elle est également présente en Allemagne, au Pays-Bas, au Danemark, en Belgique, en Espagne. En Bretagne, la Crassule de Helm a été repérée en quelques points. En Ille et Vilaine, elle est présente le long de la Vilaine dans un étang de la commune de Langon à proximité de Redon (3). Les observateurs l’ont récemment aperçu en 2006 à Paimpont et Amanlis.
Crassule de Helm DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso Dans le Finistère, la Crassule de Helm est présente dans deux plans d’eau où elle occupe une surface importante : l’étang du Stang-Alar à Brest et l’étang du Costour à Guipavas. L’Institut de géoarchitecture a réalisé un inventaire des espèces invasives pour Brest métropole océane. Les auteurs de l’étude, mentionnent la Crassule de Helm en signalant que le territoire prospecté est susceptible de l’accueillir (4). Il n’existe aucune donnée concernant les modalités d’introduction de la Crassule de Helm en Bretagne.
|