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Le Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Le Myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum)
Effets et nuisances
Gestion du Myriophylle du Brésil
Perspective et recherche
Références citées
Le Myriophylle du Brésil est une plante aquatique qui fut introduite pour sa beauté dans les aquariums et les bassins. Malheureusement, son dynamisme et ses capacités d’adaptation en ont fait un envahisseur des milieux aquatiques naturels.

A. Description, origine et répartition géographique : une plante aquatique venue d’Amérique du sud

Introduite en France il y a plus d’un siècle, le Myriophylle du Brésil a colonisé les quatre départements bretons et y montre de nombreux signes d’invasion.

Description sommaire et biologie (1,2)
Myriophylle du Brésil
Myriophylle du Brésil
DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso
Le Myriophylle du Brésil porte le nom scientifique de Myriophyllum aquaticum (Vell.) Verdc.. Il appartient à la famille des Haloragacées.
Le Myriophylle du Brésil est une plante qui vit fixée au substrat et développe donc un réseau racinaire qui peut s’enfoncer jusqu’à 50 cm de profondeur. Ses tiges peuvent atteindre 3 m de longueur et dépasser hors de l’eau de 40 cm. Leurs tissus contiennent des réserves d’air qui permettent de les maintenir en position verticale dans la couche d’eau. Les tiges ont couramment de 8 à 30 entre-nœuds et des racines peuvent se développer à chacun des nœuds. Les feuilles sont disposées par 4 à 6 à chaque nœud de la plante ; on dit qu’elles sont verticillées. Elles ont une structure fortement découpée et sont dites pennatiséquées.

Myriophyllum aquaticum ne doit pas être confondu avec les autres espèces de Myriophylle. Le Myriophylle en épis (M. spicatum), par exemple, est une espèce autochtone du genre Myriophyllum, pouvant aussi être envahissante mais qui diffère de Myriophyllum aquaticum par ses tiges immergées. Myriophyllum alterniflorum et M. verticillatum sont également deux autres espèces de ce genre.

Feuille
Feuille
DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso
Le Myriophylle du Brésil se développe dans les plans d’eau calmes et peu profonds jusqu’à 3 m de profondeur. Il tolère les très faibles courants.
Il croît à une température comprise en 20 et 25 °C, mais semble se développer à des températures plus basses en Bretagne. Par ailleurs le Myriophylle du Brésil est une plante qui nécessite une assez grande quantité de lumière pour se développer. C’est la raison pour laquelle on le trouve principalement dans les zones très éclairées.
Ses feuilles aquatiques ont la faculté de réaliser la photosynthèse à des seuils lumineux plus bas que les feuilles aériennes.

Reproduction
Le Myriophylle du Brésil est une espèce dioïque : les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds différents. Toutefois, les populations françaises se reproduisent uniquement par multiplication végétative. En effet, les plantes mâles sont très rares. Le Myriophylle du Brésil se propage donc uniquement par émission de boutures qui s’enracinent dans le fond de l’eau.
La production de fleurs est toutefois effective. Celles-ci apparaissent au niveau de l’insertion des feuilles sur la tige, par six environ.

Origine et introduction
Le Myriophylle du Brésil est originaire d’Amérique du sud, tout comme les Jussies, les Elodées et le Grand Lagarosiphon. Il fut introduit en France vers 1880 dans la région de Bordeaux pour des essais de naturalisation. De là, la plante s’est disséminée vers d’autres bassins versants. Très apprécié des aquariophiles, vendu dans les magasins spécialisés, le Myriophylle a pu être propagé par des introductions répétées en des lieux divers.
Il occupe dorénavant tous les départements de l’ouest de la France et colonise petit à petit le nord et le sud-est.

En Bretagne, le Myriophylle du Brésil est présent dans les quatre départements mais il n’existe pas de données précises sur son introduction dans la région.
Les stations de Myriophylle du Brésil sont encore très localisées.
En Ille et Vilaine et dans le Morbihan (3,4), c’est principalement le bassin de la Vilaine qui est colonisé. D’après les données de l’Institut d’aménagement de la Vilaine (5,6), la plante colonise surtout le cours de l’Arz, affluent de la Vilaine au sud de Redon (A). Les différents inventaires réalisés par l’IAV recensent les longueurs colonisées :

Année

2002

2003

2004

Longueur (m)

2270

2778

6469

Les longueurs de cours d’eau colonisées par le Myriophylle du Brésil ont considérablement augmenté entre 2003 et 2004. Les zones infestées n’ont en effet pas fait l’objet de mesures de gestion et n’ont pas été infestées par d’autres plantes invasives comme la Jussie, laissant libre cours à l’invasion du Myriophylle du Brésil. Les auteurs du rapport estiment également que cette variation peut-être liée à des différences d'effort de prospection.
Dans le Finistère et les Côtes d’Armor (4), le Conservatoire botanique national de Brest (CBNB) recense le Myriophylle du Brésil dans près de 25 communes (7). Le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres (CEL) ainsi que Brest métropole océane (BMO) ont  repéré le Myriophylle du Brésil au cours de leurs inventaires des plantes invasives (8,9).



Dernière mise à jour : ( 22-02-2008 )