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Les Grandes Renouées (Fallopia, Reynoutria...) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Index de l'article
Les Grandes Renouées (Fallopia, Reynoutria...)
B. Le phénomène et ses impacts
C. La gestion
D. Perspective et recherche
E. Références citées
Importées d’Asie au XIX ème siècle, les grandes Renouées ont colonisé l’ensemble des milieux urbanisés et naturels de France au point de les envahir dangereusement. Erosion des berges, perte de biodiversité, sont autant d’impacts de ces plantes aux capacités de propagation extraordinaires. Présentes dans toute la Bretagne, ces Renouées font l’objet de mesures de gestion souvent bien infructueuses…


A. Description, origine et répartition géographique : un complexe d’espèces introduites en Europe

Il existe plusieurs espèces de Renouées introduites en France, qui se ressemblent, peuvent s’hybrider et ont des capacités de propagation et d’invasion similaires.

Description sommaire et classification

On observe en France plusieurs espèces invasives de Renouées. La Renouée du Japon (Fallopia japonica ou Reynoutria japonica Houtt.), la Renouée de Sakhaline (Fallopia sachalinensis (F.Schmidt) Nakai ou Reynoutria sachalinensis), la Renouée à épis multiples (Polygonum polystachyum C.F.W.Meissn)... Il existe en plus des hybrides issus du croisement des principales espèces (par exemple : Fallopia X bohemica issu du croisement entre F. sachalinensis et F. japonica) ce qui complique la distinction entre ces différentes espèces. C’est la raison pour laquelle nous désignerons ces espèces invasives comme les Renouées invasives (ou Grandes Renouées), les problèmes causés par ces espèces étant similaires.Les Renouées invasives appartiennent à la famille des Polygonacées qui comprend de nombreuses autres espèces dont certaines sont autochtones.

Détail d
Détail d'une feuille
DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso
Ces plantes sont caractérisées par leur grande taille et leur croissance rapide. Leurs feuilles sont grandes, larges et pointues à l’extrémité, à base tronquée pour la Renouée du Japon, cordiformes (en forme de cœur à la base) pour la Renouée de Sakhaline et leurs hybrides, allongée pour la Renouée à plusieurs épis, dotées d’un pétiole rouge. Les tiges sont également teintées de rouge et de forme flexueuse (en forme de zig-zag) pour les jeunes rameaux. Elles possèdent une membrane qui enveloppe les jeunes feuilles, l’ochréa, organe typique des Polygonacées.

Les Renouées du Japon forment de gros buissons impénétrables qui peuvent atteindre 3 m de hauteur (jusqu’à 4 m pour F. sachalinensis).

 

Les Renouées se développent préférentiellement le long des cours d’eau d’un à plusieurs décimètres au dessus de la surface de l’eau. Elles y trouvent ainsi un sol bien humide et riche en substances nutritives. Elles apprécient particulièrement les sols acides et la lumière.
On les trouve également fréquemment en bordure de routes et de chemins. Elles se développent aussi dans les zones remaniées par les activités humaines à partir desquelles elles se disséminent dans les milieux naturels. Leur forte amplitude écologique leur a permis de coloniser de nombreux sites en Bretagne.

Reproduction

Inflorescence
Inflorescence
DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey DatsoLa floraison a lieu à la fin de la période estivale. Les inflorescences blanches apparaissent au niveau de l’implantation des feuilles. La pollinisation se fait par les insectes qui trouvent avec les Renouées invasives une source intéressante de nectar à une période de l’année où les fleurs des espèces autochtones se font plus rares.

 

 

 

 

Tiges et inflorescences
Tiges et inflorescences
DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso

Cependant, les graines des populations européennes de Renouées invasives sont peu fertiles et l’essentiel de la reproduction se fait par multiplication végétative (propagation de la plante par extension de ses parties souterraines sans reproduction sexuée). Il semble toutefois exister des niveaux très différents de fertilité selon les populations et les hybrides.

 

 

Comment sont-elles arrivées en France ?
Originaires des zones méridionales de l’Asie orientale et du Japon, les Renouées invasives ont été introduites en Europe au XIX ème siècle : 1825 pour F. japonica et 1869 pour F. sachalinensis (1). C’est en 1939 que l’on vit Fallopia japonica en France pour la première fois (2).
Elles ont été introduites à l’époque pour leurs qualités ornementales, mellifères (production de miel), fourragères (2). Seulement, la naturalisation fut si réussie que les différentes espèces de Renouées invasives s’évadèrent dans les milieux naturels à partir du milieu du XX ème siècle.

En Bretagne, la présence des Renouées invasives date, selon la bibliographie (3), des années 1980. F. japonica semble être apparue plus précocement : Louis Diard, auteur de la flore d’Ille et vilaine la sait présente sur la gare de triage de Rennes depuis 1965. Il est cependant difficile de connaître les dates exactes de l’introduction de la Renouée du Japon en Bretagne par rapport aux autres espèces du fait des difficultés de distinction entre les différentes espèces de Renouées invasives.



Dernière mise à jour : ( 22-02-2008 )