|
Page 1 sur 5 Depuis un siècle, les Griffes de sorcière colonisent les falaises et les dunes du monde entier. Des capacités de croissance importantes et la dissémination par les Hommes lui ont permis de s’introduire sur les falaises et les dunes bretonnes, rendant sa gestion plus compliquée…
A. Description, origine et répartition géographique (1) : deux espèces de plantes Venues d’Afrique du Sud, les Griffes de sorcière sont représentées par plusieurs espèces introduites pour leurs qualités ornementales. Description et classification (1)
Griffes de sorcière DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso Les Griffes de sorcière appartiennent à la famille des Aizoacées et au genre Carpobrotus. Il en existe deux espèces bien identifiées en France : - Carpobrotus edulis (L.) N.E.Br.: Griffe de sorcière ou Figues de Hottentot
- Carpobrotus acinaciformis (L.) N.E.Br.: Ficoïde à feuilles en sabre ou Griffe de sorcière
Les espèces du genre Carpobrotus ont la capacité de s’hybrider. Il peut donc se former d’autres espèces à partir des deux espèces principales. Elles sont toutefois difficiles à caractériser et encore mal identifiées. Nous appellerons ces deux espèces Griffes de sorcière pour plus de commodité. La famille des Aizoacées regroupe des plantes originaires d’Afrique australe dont la caractéristique est de stocker l’eau dans l’ensemble de leurs tissus. Il s’agit de plantes succulentes. Les Griffes de sorcière sont des plantes rampantes ou pendantes à plusieurs tiges par pied. Celles-ci peuvent atteindre plusieurs mètres de longueur. Les feuilles sont très charnues pour permettre le stockage de l’eau. Elles sont opposées, et séparées par plusieurs centimètres de tiges. Elles mesurent 8 à 11 centimètres de longueur et ont une section triangulaire. Les Griffes de sorcières se développent sur les littoraux où elles colonisent les falaises rocheuses, les pentes rocailleuses et les dunes sableuses. Reproduction La griffe de sorcière se reproduit de deux façons différentes : Reproduction sexuée Au printemps, les plantes produisent de grandes fleurs de 5 à 12 cm de diamètre. Elles sont généralement jaune clair chez C. edulis et rose-pourpres chez C. acinaciformis. Il y a pollinisation par les insectes des fleurs femelles par le pollen des fleurs mâles mais les fleurs peuvent également être autofécondes. La pollinisation aboutit à la formation de graines qui sont ensuite disséminées dans les environs essentiellement par les vertébrés qui consomment les fruits mais aussi par les fourmis. Reproduction végétative La plante émet également des stolons qui lui permettent de s’étendre rapidement. Origine et introduction
Griffes de sorcière DatsoPic 1.2 © 2007 by Andrey Datso Les Griffes de sorcières sont originaires d’Afrique du Sud, de la région du Cap, plus exactement. Elles furent introduites pour la première fois en Europe en 1680 en Belgique puis plus tard, en 1690 en Angleterre. On les aperçut dans la nature pour la première fois sur les îles anglo-normandes 1886. Par la suite, ces plantes furent introduites sur l’ensemble des côtes françaises pour leurs qualités esthétiques. Elles finirent par engendrer à proximité des habitations des populations pérennes et par s’étendre sur les falaises rocheuses. Les Griffes de sorcière sont dorénavant présentes en Bretagne dans les quatre départements. En Ille et vilaine, il existe quelques populations sur l’île de Cézembre (2). Dans le Morbihan, Carpobrotus edulis est présent sur plusieurs communes littorales et forment par endroit des colonies assez denses. A Belle Ille en Mer, c’est Carpobrotus acinaciformis qui forme des populations invasives sur les falaises rocheuses de l’île (3). Dans les Côtes d’Armor, Carpobrotus edulis forme des populations invasives non loin des habitations d’où cette espèce s’est échappée (4). Si le gel hivernal détruit facilement les plantes, la recolonisation est rapide dès que les températures remontent. Dans le Finistère, la plante est présente un peu partout sur le littoral, comme par exemple sur l’archipel des Glénan, la pointe du Raz, sur la presqu’île de Crozon,sur la côte des Abers (2). Plusieurs zones ont également été découvertes sur le territoire de Brest métropole océane lors d’un inventaire réalisé par l’Institut de géoarchitecture (5).
|