| Les Jussies (Ludwigia sp.) |
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Page 1 sur 5 Introduites en France à la fin du XIX ème siècle, les Jussies ont depuis lors largement colonisé l’Hexagone au point de menacer aujourd’hui la biodiversité des eaux stagnantes, des cours d’eau lents et des prairies inondables dans plusieurs régions dont la Bretagne fait partie. Si des tentatives de gestion existent, elles sont difficiles à mettre en œuvre, coûteuses et parfois peu efficaces, si bien que les populations bretonnes de ces espèces semblent encore en expansion. Arrivées il y a environ vingt ans en Bretagne, ces belles plantes aux fleurs jaunes se sont installées dans le bassin de la Vilaine et les autres cours d’eau bretons Description sommaire Originaires d’Amérique du Sud, les Jussies sont des plantes aquatiques amphibies de la famille des Onagracées. Elles sont fixées par un rhizome plus ou moins long et leur tige peut atteindre 6 m de long. Au début de l’été, ces plantes s’ornent de belles fleurs jaunes très prisées des amateurs de bassins et plans d’eau d’ornementation. Les Jussies fanent à l’automne après leur fructification et les premiers gels. On observe en France les espèces Ludwigia peploides (Kunth) P.H.Raven et Ludwigia grandiflora (dont il existe 2 sous-espèces : grandiflora (absente en France) et hexapetala). En Bretagne, seraient présentes la sous espèce grandiflora de Ludwigia grandiflora (notée Ludwigia grandiflora ssp. grandiflora) et Ludwigia peploïdes ssp. montevidensis. Cette dernière n’a été trouvée que sur la commune de Plemet dans les Côtes d’Armor. Cependant, la différenciation entre ces deux espèces est difficile et nécessite souvent une analyse très détaillée. Le seul critère morphologique indubitable correspond à la forme des stipules des tiges érigées : aigü, noirâtre et triangulaire pour L. grandiflora et arrondi-obtus, brun clair pour L. peploides… En outre, la morphologie de ces plantes est variable au sein d’une même espèce : selon le niveau de l’eau, la Jussie va développer des feuilles frêles et arrondies (plantes submergées) ou des feuilles allongées et plus coriaces (plantes émergées). Elles peuvent aussi développer des formes terrestres de morphologie très variable. Dans les milieux colonisés, elles s’associent en herbiers denses immergés ou émergés, quasiment impénétrables. C’est la raison pour laquelle nous ne parlons que des Jussies ou de la Jussie en général sans en distinguer les différentes espèces. Reproduction En Bretagne, les Jussies se multiplient par bouturage de fragments cassés. Des études récentes ont affirmé que la germination n’est pas effective dans notre région mais possible plus au sud (1). Par ailleurs, il a été observé que des graines prélevées dans le Morbihan germaient en conditions de laboratoire. La plante semblent donc s’adapter très vite à son milieu de vie breton. Introduction en France Les premiers témoignages de leur présence dans les milieux naturels remontent aux années 1830, dans le Lez (Hérault), dans la région de Montpellier. En effet, elles furent introduites en France initialement, il y a un peu plus d’un siècle pour orner les bassins d’agrément. Depuis, elles ne cessent de proliférer au détriment de la biodiversité aquatique indigène. D’autres introductions ont probablement eu lieu dans le sud-ouest de la France. Parties du sud de la France, elles repoussent depuis lors régulièrement les limites de leur aire de répartition vers le nord. On les trouve aujourd’hui sur une grande partie du territoire métropolitain, même si elles sont plus abondantes le long du littoral méditerrannéen, dans le sud-ouest et sur la façade atlantique. Introduction en Bretagne et zones touchées La période et le mode d’introduction de la Jussie en Bretagne ne sont pas documentés. Il semblerait que, comme dans le sud de la France, il s’agisse de vidanges répétées d’aquarium ou de bassin d’ornementation qui auraient provoqué l’invasion biologique de l’ensemble des bassins versants concernés. Elle est également soupçonnée d’être échappée des jardins publics et privés (2). La première observation de Jussie en Bretagne date de 1987 (3), dans les environs de Rennes. Une vingtaine de communes de ce département sont ainsi touchées. Elle a depuis envahi une grande partie du bassin versant de la Vilaine jusqu’à l’embouchure du fleuve dans le Morbihan. Ainsi, en 2003, elle s’était disséminée sur un total cumulé de cours d’eau de plus de 130 km sur le bassin de la Vilaine, surtout entre Rennes et Redon (A).
La Jussie est présente sur les cours d’eau principaux, mais également dans les ruisseaux, les douves et les fossés. Elle peut également pénétrer dans les zones humides alentours qu’elle colonise facilement. |
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| Dernière mise à jour : ( 22-02-2008 ) | |||||||





