| Les Elodées de Nuttall et du Canada (Elodea sp.) |
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Page 1 sur 4 Arrivées en Europe en provenance d’Amérique du Nord, les Elodées du Canada et de Nuttall sont deux espèces introduites qui ont colonisé de nombreux milieux aquatiques dans nos régions. Dans les cas d’invasions importantes, l’expansion de ces espèces créé une atteinte à la biodiversité et une modification des usages qui en sont faits.
A. Description, classification et répartition géographique : deux espèces semblables L’Elodée du Canada (Elodea canadensis Michx.) et l’Elodée de Nuttall (Elodea Nuttallii (Planch.) H.St.John) sont deux plantes qui appartiennent à la famille des Hydrocharitacées, tout comme le Grand Lagarosiphon (Lagarosiphon major) et l’Elodée dense (Egeria densa). Ces plantes sont caractérisées par une tige souple qui s’enracine dans le fond des étangs et des cours d’eau et sur laquelle s’insèrent des feuilles par groupe de trois ou plus. La distinction entre l’Elodée du Canada et l’Elodée de Nuttall est relativement subtile. Le tableau suivant résume les caractéristiques morphologiques des deux espèces :
Source : Muller (1) et les Agences de l’eau (2) Les Elodées du Canada et de Nuttall se développent dans les eaux calmes. Elles occupent préférentiellement les plans d’eau mais peuvent se développer dans les cours d’eau où la vitesse du courant est nulle à faible. Certains auteurs affirment cependant que les Elodées tolèreraient des courants d’une vitesse de 80 cm/s (2). Elodea canadensis se développe jusqu’à des profondeurs de 1 m alors que Elodea Nuttallii peut s’ancrer dans le substrat jusqu’à environ 3 m. Elles supportent une luminosité faible ce qui leur permet de coloniser facilement des zones sombres. Ces plantes sont cependant victimes du phénomène d’auto-ombrage. Leur densité est en effet si élevée qu’elles se privent mutuellement de lumière dans certains plans d’eau. Les Elodées se développent à des températures relativement fraîches mais Elodea Nuttallii tolère des températures plus variables. En outre, leur développement est inhibé quand la température dépasse 25 °C (2). Les deux espèces se développent dans des eaux relativement riches en nutriments et en minéraux qui leur assurent un développement optimal. Cependant, les trop fortes concentrations en nutriments (phosphore et azote notamment) freinent le développement d’Elodea canadensis.
Les Elodées assurent leur reproduction par un fort développement végétatif. Des fragments de plantes arrachés peuvent engendrer de nouveaux plants après s’être enracinés. Les Elodées sont dotées de bourgeons dormants (hibernacles). Ces organes se forment à partir de feuilles modifiées. Elles s’enrichissent en effet en amidon (substance de réserve chez les plantes) et leur surface s’épaissit. Le bourgeon dormant ainsi formé peut rester sur la plante pendant l’hiver ou se détacher pour s’ancrer dans le substrat. Suivant la rigueur de l’hiver, le bourgeon dormant engendrera une nouvelle plante plus ou moins tardivement au printemps. La reproduction sexuée est quasiment inexistante chez les Elodées du Canada et de Nuttall. Sur notre territoire, Elodea canadensis ne présente en effet, que des fleurs femelles. Ainsi, sans pollen pour les féconder, Elodea canadensis ne produit pas de graines et ne peut donc compter que sur la multiplication végétative. Les populations introduites d’Elodea nuttallii comportent des individus mâles et femelles. La reproduction sexuée est donc possible mais les fleurs femelles sont beaucoup plus nombreuses. C’est donc la multiplication végétative qui prédomine encore chez cette espèce.
Les deux espèces ont été introduites dans les milieux aquatiques français et bretons, à environ un siècle d’intervalle. Plusieurs hypothèses existent concernant les modalités d’introduction et de propagation des Elodées en France. Il semblerait qu’elles aient été transportées par les mariniers sur les canaux du nord de la France. Le transport des hibernacles par les animaux comme le Rat musqué et les oiseaux n’est également pas exclu (3). En fait, les circonstances exactes de leur introduction ne sont pas vraiment connues. L’Elodée du Canada fut introduite la première en France en 1845 (1) et s’est propagée ensuite sur tout le territoire métropolitain au cours des années qui suivirent. Autrefois considérée comme une peste aquatique, elle s’est dorénavant intégrée aux milieux après une période de régression. L’Elodée de Nuttall a été introduite beaucoup plus tardivement en France où elle fut découverte en 1973 (1). Elle semble actuellement en pleine expansion sur tout le territoire français bien qu’encore assez peu répandue en Bretagne péninsulaire. Les deux espèces sont actuellement présentes sur l’ensemble des départements bretons. Le tableau suivant dresse un bilan de leur présence en Bretagne :
Source : Atlas floristiques de Bretagne , base de données du Conservatoire Botanique National de Brest . |
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| Dernière mise à jour : ( 18-02-2008 ) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||





