| Le Ragondin (Myocastor coypu) |
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Page 2 sur 5 B. Impacts du ragondin Impact sur les communautés végétales des cours d’eau Les populations de Ragondins exercent une forte pression sur les végétaux qui peuplent les abords des plans d’eau. Les Ragondins créent en effet des plages d’abroutissement en consommant la végétation (6). Il est possible d’observer ces pelouses rases dès la fin du mois de mars. Les Ragondins les fréquentent jusqu’en juin mais le bétail y pâture dès le mois de mai. Il devient donc difficile de différencier les impacts du rongeur de ceux des bovins. Le Ragondin s’adonne également au gratti : cette pratique, fréquente en hiver, consiste à gratter le sol et en extraire les tiges souterraines des plantes pour les manger. Impact sur l’agriculture Le Ragondin a tendance à s’attaquer aux parcelles cultivées situées proximité des milieux aquatiques (4). Il affectionne particulièrement les céréales (maïs, blé, orge, avoine…) et en particulier les jeunes pousses de maïs riches en matières nutritives. Au cours de l’année, il n’hésite pas s’aventurer plus profondément dans les champs pour consommer les jeunes épis de maïs, également riches en nutriments. Les études à ce sujet (6) ont montré que le Ragondin touche généralement les dix premiers rangs de culture. Seulement, il s’attaque à plusieurs pieds sans en consommer la totalité. Le Ragondin est donc un animal qui gaspille beaucoup la ressource. Les dégâts occasionnés aux cultures sont donc relativement importants. Le Ragondin est également connu pour avoir un impact sur les peupleraies (2). Il ronge les troncs des peupliers à environ 1 m de hauteur et entame les parties externes du bois. Les vaisseaux chargés de transporter la sève sont ainsi détruits et les parties aériennes privées d’eau. L’arbre s’assèche et meure en quelque temps. Le vent se charge alors de l’abattre. Impacts hydrauliques Toutefois, l’impact principal du Ragondin est surtout mécanique. En creusant des galeries souterraines le long des berges des cours d’eau, les Ragondins, surtout quand ils sont nombreux, provoquent l’effondrement des berges. Les sédiments qu’ils remanient lors du creusement des galeries, sont évacués dans les cours d’eau et provoquent leur envasement. Ce surplus de sédiments occasionne des surcoûts de gestion hydraulique liés à la nécessité de curer les cours d’eau. La réfection des berges détruites par les galeries est également préconisée, là encore avec des surcoûts importants. Les dégâts occasionnés aux ouvrages hydrauliques à proprement parlé sont négligeables. C’est souvent le contournement des ouvrages par les galeries qui provoquent des dommages sévères (4). Un vannage (sorte de barrage) devenu inefficace et le cours d’eau n’est plus régulé. Pire encore, l’ouvrage, fragilisé, peut se rompre et c’est l’inondation en aval avec les dégâts importants et les coûts de réparation qui en découlent. Il peut également occasionner la rupture des bassins de lagunage destinés à épurer les eaux usées. Les galeries de Ragondin déstabilisent également les routes et les voies ferrées. Elles ne sont plus soutenues et peuvent donc s’effondrer . Tout comme le Rat musqué, il met en péril les ouvrages d’art et perturbe le fonctionnement hydraulique des cours d’eau. Impacts sanitaires Le Ragondin est porteur de nombreux parasites tels que la douve du foie, les bactéries leptospires et le ténia qui peuvent être facilement transmis à d’autres mammifères et à l’être humain. Les différentes études réalisées sur ce rongeur montrent qu’une grande partie des individus sont atteints par la leptospirose (1). Les bactéries responsables de cette maladie sont disséminées dans le milieu par les urines. La transmission aux autres mammifères s’effectue par contact avec les muqueuses (bouches, yeux…). Le bétail qui pâture à proximité des zones humides peut être atteint par cette maladie, provoquant d’importantes pertes financières pour les éleveurs. Cette maladie se manifeste par des fièvres et des douleurs musculaires et atteint les reins. Elle peut toucher les êtres humains, en particulier les personnes exposées aux rongeurs et ayant des activités nautiques (A). Le Ragondin est également l’hôte de la douve du foie, un petit vers plat de 2 cm environ qui se développe dans le foie des mammifères. Une étude parue en 2001 (7) montre que 8 % des Ragondins peuvent être atteints par ce parasite (40 % dans les zones les plus touchées) et qu’il peut le transmettre à du bétail. Or, ce parasite, tout comme les leptospires, est transmissible aux autres mammifères via les excréments. Les œufs qu’ils contiennent donnent naissance à des larves qui se développent dans l’organisme d’un mollusque, la Limnée tronquée (8). Les larves y engendrent des cercaires qui sont déposés dans le milieu et se fixent sur les végétaux. Ces cercaires sont consommés par le bétail en même temps que les végétaux par pâturage. L’Homme peut également être contaminé lors de l’ingestion de salade sauvage (pissenlit, cresson), là où le bétail est touché. La douve affaiblit fortement les animaux qu’elles parasitent. Elle détruit les canaux biliaires qui se calcifient et le foie devient hypertrophié. Il s’ensuit une baisse de rendement des élevages, ce qui conduit à des pertes économiques élevées (9). Chez l’Homme, les symptômes de la douve du foie sont identiques à ceux des animaux. Ils se manifestent par des nausées, de la fièvre, de l’urticaire, des douleurs abdominales provoquées par la transformation des cercaires en adultes. Les populations de Ragondin sont fortement suspectées d’être un réservoir important de ce parasite. |
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| Dernière mise à jour : ( 18-06-2008 ) | |||||||





