Matières organiques
Tableau de bord de la pollution PDF Imprimer Envoyer

Un nombre important de captages d'eau brute superficielle de Bretagne connait de manière régulière des situations de non-conformités sur le paramètre "matière organique". Cette situation est d'autant plus préoccupante que les eaux de surface fournissent 85 % du total des eaux domestiques utilisées dans cette région.

Entre 2002 et 2007, 59 prises d'eau sur 110 ont dépassé au moins ne fois la limite réglementaire des 10 mg/L d'oxydabilité sur eau brute, avec des concentrations très élevées pouvant atteindre 40 à 60 mg/L pour certaines des prises d'eau concernées (Guindy, Léguer, Min Ran, Yar, Bois de la roche, Bizien, Blavet, Urne, Douron, Mireloup, Scorff). Depuis 2007, le taux de non-conformité "matière organique" des captages en retenue de Bretagne est de 40% en moyenne, alors qu'il n'est que de 20 à 25% pour les captages en rivière. Ce dernier taux marque une amélioration sensible de la qualité de l'eau, puisque le taux de non-conformité "matière organique" des captages en rivière de Bretagne était de 40% avant 2007.    Cependant, il s'agit là d'une amélioration apparente due à l'adoption du carbone organique total (COT) comme nouvel indicateur réglementaire début 2007, en lieu et place de l'oxydabilité au KMnO4. En effet, et comme nous l'avons montré dans une note parue en 2009, les deux indicateurs ne sont pas strictement équivalents (télécharger la note technique N°6). De fait,  le taux de non-conformité "matière organique" des captages en rivière de Bretagne est resté constant et égal à 40-45% de 2006 à aujourd'hui, vu sous l'angle de l'indicateur KMnO4.


Au final, la pollution par les matières organiques touche donc près de 40% des captages superficiels d'eau brute de Bretagne.


Une autre caractéristique de la pollution est d'être évolutive dans le temps. Ainsi, l'analyse des données disponibles sur les quelques captages disposant de mesures long-termes de leur teneur en matière organique montre que la concentration en matière organique a été multiplié dans certains cas par un facteur 2.5 en 30 ans (cas de la prise d'eau de Keriel sur le Leguer). Parallèlement, d'autres captages ont vu leur concentration restée stable dans le même temps, voire très légèrement diminuer (cas de la prise deau de Pen Ar Bled sur l'Elorn). Cette divergence dans le temps des évolutions rend très difficile la recherche des causes de la pollution et des solutions aptes à l'enrayer.

 


Mise à jour le Jeudi, 01 Juillet 2010 10:56
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Code de la Santé Publique Français PDF Imprimer Envoyer

Au france plan français, le code de la santé publique, par ses articles R1321-2, R1321-3, R1321-7 et R1321-38, impose le respect de limites et références de qualité pour les eaux destinées à la consommation humaine

  Limite réglementaire sur le COT :

  • 10 mg/L sur l’eau brute (arrêté du 11 janvier 2007)

  • 2 mg/L sur l’eau distribuée

Mise à jour le Mercredi, 09 Juin 2010 14:17
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Réglementation européenne PDF Imprimer Envoyer

 Au niveau européen, la directive cadre sur l’eau (DCE - 2000/60/DCE) est le socle commun à toute la réglementation européenne dans le domaine de l’eau, introduisant la notion de "bon état écologique" des eaux.

La circulaire DCE N° 2005-12 du 28 juillet 2005 définit l’indicateur utilisé pour apprécier les concentrations en matière organique est le COD, dont la limite est fixée à 7 mg/L.

 

Mise à jour le Jeudi, 03 Juin 2010 11:59
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Causes possibles PDF Imprimer Envoyer

La Bretagne conjugue plusieurs caractéristiques pouvant expliquer les fortes teneurs en matières organiques enregistrées dans les eaux de surface.

  • milieu physiquedes sols peu perméables et des nappes peu profondes à fort battement vertical instituant un contexte naturel à risque du point de vue de l'exportation des matières organiques des sols vers les eaux de surface. Les sols peu perméables favorisent la circulation des eaux dans leurs horizons les plus superficiels, là où sont précisément stockées les matières organiques. L'existence de fonds de vallée larges et plats dans les bassins versants bretons (zones qualifiées de zones humides potentielles ou ZHP) est également un facteur à risque dans la mesure où cela augmente la taille des zones d'interaction entre les nappes et les horizons organiques des sols.


  • agri_intensiveune agriculture intensive pouvant accroître les transferts de matières organiques des sols vers les eaux soit parce que les stocks de MO labiles sont modifiés (à travers par exemple l’apport d’amendements organiques), soit parce que la géométrie des circulations de l’eau est modifiée, suite par exemple à des opérations de drainage ou d’abatage de haies. Cependant, ni les analyses statistiques, croisant la teneur en matières organiques des eaux avec les pratiques agricoles sur les bassins versants, ni les analyses moléculaires et isotopiques n'ont montré un quelconque lien direct entre les pratiques agricoles et la pollution des eaux de surface par les matières organiques. En particulier, les analyses moléculaires et isotopiques n'ont pas révélé de contribution directe des apports de déjections animales pratiqués sur les sols des bassins versants, et ce malgré les tonnages importants épandus annuellement par l'agriculture bretonne (35 millions de tonnes par an en moyenne). Ces analyses ont révélé que la matière organique polluante des eaux de surface était constituée de molécules organiques issues du fond humique ancien du sol. D'autres pratiques agricoles ont été testées, comme le chaulage, avec les mêmes résultats négatifs. 

 
  •  une densité localement réduite du bocage pouvant acrroître les transferts de matière organique du sol vers les eaux. Une étude statistique a montré que la teneur en matières organiques était corrélée négativement avec la densité de haies au sein des Zones Humides Potentielles. Ce lien peut s'expliquer par le contrôle que les haies exercent sur la géométrie des circulations de l'eau (approfondissement des circulations sous les horizons organiques du sol) et par le rôle de barrières physiques qu'elles constituent vis-à-vis du ruissellement, ruissellement riche en matières organiques.
Mise à jour le Jeudi, 01 Juillet 2010 11:02
 
Les points de suivis PDF Imprimer Envoyer

Quatre ensembles de points de suivis sont utilisés par le GEPMO pour dresser l'état des lieux de la pollution des eaux superficielles de Bretagne par les matières organiques et comprendre l'origine de cette pollution.

 

 

  • Le réseau des captages d'eau brute 

Ce réseau comprend 38 captages en retenue et 63 captages en rivière. Les données recueillies et analysées au droit de ces points sont les analyses de matière organique (oxydabilité au KMnO4 avant 2007; Carbone Organique Total depuis 2007) issues du contrôle sanitaire. Les séries débutent pour la plupart en 1996, certaines débutant plus tôt, vers la fin des années 1980. L'ensemble de ces points fait l'objet d'un suivi continu, la fréquence de mesures variant de 20 mesures par an à 2 à 3 mesures par ans. Ces données sont analysées tous les deux ans par le GEPMO. 
  • Le réseau des bassins versants soumis à des dépassements de la limite réglementaire matière organique

Ce réseau rassemble 18 bassins versants soumis à des dépassements de la limite réglementaire matière organique Les données recueillies et analysées regroupent des données relative à la  concentration en matière organique (oxydabilité au; Carbone Organique Total; Carbone Organique Dissous) à l'exutoire principal de chaque bassin ainsi qu'aux exutoires d'un certain nombre de  sous-bassins versants, internes à chaque bassin. Ces données sont complétées dans certains cas par des données de concentration en nitrate, chlorure, sulfate, et phosphore. Les suivis ne sont pas réguliers comme dans le cas du réseau précédent. Ils peuvent se restreindre à des périodes limitées dans le temps. Ces suivis permettent de localiser les zones contributives de matière organique dans les bassins versants ainsi que les liens entre dynamique de la matière organique, dynamique du nitrate et dynamique du phosphore. Ce réseau peut être activé en cas de besoin pour lancer des études spécifiques sur un problème particulier, comme par exemple le rôle des rejets urbains et industriels sur la contamination des eaux par les matières organiques, ou sur celui dans la densité du réseau bocager sur cette même contamination. 

  • Le réseau des bassins versants renseignés du point de vue des caractéristiques du milieu physique, de l'occupation du sol et des pratiques agricoles

Ce réseau rassemble 41 sous-bassins versants d'une superficie égale ou inférieure à 5000 ha. Chacun de ces sous-bassins versants dispose d'une détermination de l'occupation du sol est des pratiques agricoles à l'échelle des zones humides potentielles permettant une analyse de facteurs comme le linéaire bocager ou  la proportion de prairie sur la teneur en matière organique des eaux. Chacun des exutoires disposent de mesure de la concentration en matière organique (Carbone organique dissous) pendant une durée d'un an, au moins, à la fréquence de 1 à 2 prélèvements par mois, avec dans chaque cas des prélèvements hors et pendant les périodes de crue. Des données de concentrations en nitrate, sulfate, chlorure et phosphore complètent le dispositif. Ce réseau est utilisé pour déterminer le rôle des caractéristiques du milieu physique et des pratiques agricoles sur la contamination des eaux de surface par les matières organiques.Télécharger les fichiers .kmz utilisables avec Google Earth : couches géographiques contenant le réseau hydrographique, le réseau bocager, les zones humides de bas fonds et la limite des sous bassins versants  

  • Le bassin versant de recherche de Kervidy Naizin 

Situé dans le Morbihan, ce bassin versant dispose d'un suivi journalier des teneurs en matière organique (Carbone Organique Dissous), nitrate, chlorure et sulfate à son exutoire lequel dispose également d'une mesure en continu du débit de l'eau. Ce dispositif de mesure à l'exutoire est complété par des dispositifs de prélèvements de l'eau des nappes (piézomètres, bougies poreuses), permettant le suivi de la production du carbone organique dissous directement au niveau du sol. Ce bassin versant de recherche est utilisé pour comprendre et modéliser la production et le transfert de matière organique à l'interface sol-eau. Il sert également à analyser et modéliser l'effet de la variabilité de l'hydroclimat sur les concentrations et les flux de matière organique dans les bassins versants. Les séries de données journalières acquises sur ce bassin-versant démarrent en 1999. Le bassin-versant de Kervidy-Naizin fait partie de l'Observatoire de Recherche en Environnement "Aghrys", cogéré par l'INRA et le CNRS (site d'Aghrys). 

Mise à jour le Jeudi, 05 Juillet 2012 20:35
 
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