Chênes, Hêtres, Châtaigniers… les feuillus composent l’essentiel de la forêt bretonne. La région est pourtant aussi une véritable terre d’ « asile » pour de nouvelles essences forestières qui viennent régulièrement enrichir sa collection végétale.
Arbres forestiersDans les
bois et les forêts de Bretagne, on dénombre plus de
70 arbres feuillus et résineux. Parmi ces essences forestières, 42 % sont indigènes, 37 % sont exotiques, 12 % sont
acclimatées et 9 % marginales. Couvrant de plus en plus de surface forestière, les feuillus sont les plus nombreux puisqu’ils constituent 61,5 % de la forêt actuelle. C’est le cas, par exemple, des Chênes pédonculé et rouvre, du Châtaignier, du Saule et du Hêtre.
Certains de ces arbres se sont installés en Bretagne il y a fort longtemps. Le Tilleul à petites feuilles a survécu à la dernière période glaciaire, et des analyses de pollen, réalisées lors de fouilles sur des sites préhistoriques bretons, ont révélé qu'il était bien plus répandu à cette époque qu'actuellement. De même, les Celtes de la région étaient déjà coutumiers des genévriers. Aujourd’hui plutôt méridionaux, ils ne subsistent que dans de rares endroits bien exposés et sur des affleurements rocheux. D'autres essences, comme le Chêne rouge d’Amérique, le Douglas ou le Cyprès de Lawson, n'ont été introduites qu'au XIXe siècle dans les parcs ornementaux de la région et se sont bien acclimatés depuis.
L'arbre est au centre de l'écosystème forestier
découvrez les principaux feuillus et résineux en bretagneLes arbres colonisent quasiment tous les milieux (hormis les
landes littorales et les
tourbières). Mais pour croître, ils ont des exigences précises. Les uns préfèrent les sols riches ; ainsi, il n’y a quasiment que que dans le sud-est de l'Ille-et-Vilaine que le Cormier satisfait ses besoins vis-à-vis du sol et du climat. D'autres espèces se contentent de sols acides et plutôt sablonneux. Le Robinier faux acacia est souvent utilisé pour végétaliser les remblais et les bords de voirie car des terrains pauvres en éléments minéraux lui suffisent. D'autres essences encore, comme le Pin de Monterey qui résiste aux embruns s'accommodent des contraintes de la façade littorale.
Les forêts bretonnes abritent des arbres d'âges et de tailles variés. Les plus « jeunes » ont 50-60 ans (en général des peupliers) ou un siècle. Les plus vieux sont des Ifs de plus de mille ans, exceptionnels également pour leur taille puisque leur diamètre frôle les 4 mètres ! Quant au record de hauteur des arbres bretons, il a été détenu par un Douglas situé dans un peuplement forestier de Languidic (Morbihan) et mesuré en 1984 : vieux de 92 ans, il atteignait 53,50 mètres. Mais tous les arbres ne sont pas des géants. L'Alisier torminal ou l'If dépassent rarement les 15-17 mètres, là ou d'autres atteignent couramment 30 mètres.
Scolyte curvidenté La forêt est un écosystème peuplé d’une
faune et d’une
flore spécifiques. L'arbre y joue un rôle important, tant qu'il est vivant, mais aussi après sa mort. Il abrite et nourrit de nombreux oiseaux, mammifères, invertébrés mais aussi des champignons qui colonisent les souches et les troncs ou encore qui se fixent sur les racines pour vivre en symbiose. Les associations les plus connues sont les couples bolet/chêne, lactaire/pin et amanite tue-mouches/bouleau. Comme dans tout écosystème les arbres sont soumis à des agressions naturelles. La sécheresse de 1976 et la tempête de 1987 ont longtemps laissé de grandes quantités de bois cassés ou couchés, ce qui a favorisé les attaques par des pathogènes opportunistes comme des
scolytes (sténographe) et des champignons (Armillaire), respectivement responsables du creusement de galeries ou de la pourriture du bois. Ces attaques souvent spectaculaires se régulent naturellement et aujourd'hui, la
situation phytosanitaire des arbres bretons est stable.