Cormoran huppé
Nettement plus petit que le Grand Cormoran avec un mètre d'envergure, le Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) arbore en début de période de reproduction une huppe caractéristique, qui disparaît rapidement. Le plumage est noir uniforme, avec des reflets vert métallique. Comme chez le Grand Cormoran, les jeunes individus montrent des parties inférieures plus claires et un plumage plus brun que les adultes.
Les Cormorans huppés se cantonnent sur leurs futurs sites de reproduction, dans les zones rocheuses du littoral (îlots, falaises ou grottes), dès le mois de décembre, parfois début novembre. Les nids sont construits en février - mars. La saison de reproduction de l'espèce est très étalée : près de onze mois entre le cantonnement des couples les plus précoces et l'émancipation des derniers jeunes. Les premiers œufs sont pondus dès février, les derniers vers la mi-juin, exceptionnellement en juillet. La majorité des pontes a lieu entre la fin mars et la mi-avril (1 à 6 œufs, le plus souvent 2 ou 3). Après un mois d'incubation, et huit semaines d'élevage, les jeunes quittent le nid, mais sont encore nourris par leurs parents à proximité des colonies pendant presque un mois avant leur émancipation définitive. Les colonies sont complètement désertées en août.
Relativement sédentaires dans la partie méridionale de leur aire de répartition, les cormorans huppés ne s'éloignent guère à plus de quelques dizaines de kilomètres de leurs colonies. Les oiseaux originaires du nord de l'Europe montrent par contre une tendance plus marquée à se disperser. Les plus jeunes individus se déplacent sur de plus grandes distances, comme l'attestent les reprises d'oiseaux originaires des colonies irlandaises et britanniques de la mer Celtique sur les côtes bretonnes. En outre, selon le secteur géographique d'origine, la direction de dispersion des oiseaux bretons est principalement orientée vers le nord ou vers le sud.
Le Cormoran huppé s'alimente en eaux plus profondes que le Grand Cormoran, pouvant plonger à plus de 40 mètres. En Bretagne, les vieilles et les tacauds constituent l'essentiel de son régime alimentaire.