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FALAISES ET ÎLOTS ROCHEUX/ INTRODUCTION
Introduction Situation actuelle Les menaces

Un domaine marin et terrestre

Dernière mise à jour le 1er avril 2005

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1048517929-vignette-.jpgFalaise
De bas en haut, se succèdent trois étages aquatiques distincts, l'un immergé (infralittoral), le deuxième situé au niveau de la mer (mediolittoral) et le dernier émergé (supralittoral). La zone terrestre, quant à elle, offre de prime abord un escarpement rocheux abrupt, puis au fur et à mesure que la pente s'adoucit, elle laisse place à une pelouse aérohaline et à une lande.

L'étage infralittoral, dont la partie supérieure est exceptionnellement découverte à marée basse, est le royaume des éponges et des ascidies abritées à l'ombre de forêts de laminaires.

La zone mediolittorale ou estran est un milieu difficile. Pour y survivre il faut résister à la dessication, aux forts écarts de température et de salinité ou encore au déferlement des vagues. Pourtant, cette portion de falaise grouille de vie. On y trouve des algues brunes, des invertébrés marins capables de se protéger lors de l'exondation comme les balanes et chtamales, les moules et les anémones. Une faune mobile s'y déploie avec son cortège d'herbivores (gilbules, patelles et bigorneaux), mais aussi de prédateurs tels les pourpres qui ravagent parcs à huîtres et à bouchots. Enfin, on y trouve les incontournables et nécessaires détritivores et charognards comme l'étrille et le dormeur.

La portion de falaise supralittorale, n'est immergée que lors des tempêtes mais reste fortement soumise à l'influence saline des embruns. Essentiellement recouverte de lichens, la roche nue est à la base, marquée par une ceinture noire (verrucaria maura) puis prend des reflets jaunes (caloplaca marina) ou orangés (xanthoria parietina) sur la partie supérieure de la falaise. La faune est pauvre dans cette zone. On peut cependant y observer la littorine , capable de supporter une émersion de 4 à 5 mois.

Sur les escarpements rocheux, soustraits à l'influence directe de la mer, cohabitent mousses, lichens et l'orpin d'Angleterre , un des premiers colons se satisfaisant des sols maigres et arides des falaises. Plus l'humus remplit les cavités et les corniches, plus la flore se diversifie. De janvier à mai, s'épanouissent les discrets ophioglosse et isoète épineux, tous deux protégés, ainsi que l'iridacée romulea columnae.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1048600029-vignette-.jpgFou de Bassan
La pelouse aérohaline forme un tapis herbacé coloré et affectionne les pentes moyennes ou les replats assez larges avec un sol suffisamment développé. C'est le lieu de rencontre entre des espèces purement littorales comme l'armeria, la carotte à gomme ou la silène maritime et des espèces plutôt continentales telles que la piloselle. A l'abri du vent, la pelouse laisse place à une lande voire à des formations arborescentes.

Les falaises et îlots bretons sont majoritairement constituées de roches dures et anciennes. Parmi ces reliefs littoraux, on peut observer des granites rendus célèbres par leur étonnante couleur rose en Côtes-d'Armor des grès et des quartzites mais aussi des schistes et micaschistes torturés par les forces titanesques qui ont agitées la Bretagne

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1112282747-vignette-phoque-gris.jpgPhoque gris
Les falaises bretonnes sont d'une exceptionnelle richesse biologique et abritent de nombreuses espèces rares. Deux raisons à cela : l'alternance des marées pour la zone immergée et les embruns pour la partie terrestre. De plus la nature des roches, riches en infractuosités, favorise la colonisation par les plantes et les oiseaux. Ainsi pour la flore vascularisée, sur 41 espèces strictement ou préférentiellement inféodées au milieu des falaises atlantiques, 33 sont présentes en Bretagne. De même, quelques îlots et falaises de nos côtes hébergent la totalité des effectifs français de fou de Bassan, guillemot de Troïl et pingouin torda.

Les variations des vents et des courants dominants sont également une grande source de diversité. Alors qu'en plein vent, la végétation prostrée en coussinets prend des allures montagnardes, dans les abers, la forêt descend jusqu'à l'estran. Dans la zone intertidale des côtes très exposées au déferlement des vagues, seules quelques espèces fortement ancrées résistent (patelles); les autres se cantonnent aux endroits moins hostiles, à l'abri des rochers. Au contraire, les estrans abrités sont envahis par les algues.

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