Le Fou de Bassan, Morrus bassanus, avec ses 1,70 m d'envergure, est le plus grand des oiseaux de mer de nos côtes. Son corps allongé et ses longues ailes lui donnent une allure caractéristique. Les adultes ont un plumage blanc, avec l'extrémité des ailes noire et une tête jaunâtre. Les jeunes de l'année ont un plumage brun foncé uniforme, et acquièrent progressivement leur livrée adulte durant leurs quatre premières années.
Fou de Bassan
Aux Sept-Îles (Côtes d'Armor), les Fous de Bassan sont de retour sur la colonie à la fin du mois de janvier. Les oiseaux construisent un nid volumineux, et les pontes s'étalent de la fin février à la fin juin, la date moyenne se situant dans la deuxième décade d'avril. L'œuf unique est couvé pendant un peu plus de 6 semaines, et le jeune s'envole à l'âge de 3 mois environ. La colonie est désertée en octobre. La densité d'une colonie atteint 184 nids/100 m2 sur les zones les plus peuplées aux Sept-Îles. Au point que les ornithologues doivent utiliser des photographies aériennes pour le recensement.
Les adultes sont des migrateurs partiels, hivernant soit à proximité des colonies soit dans le golfe de Gascogne, occasionnellement en Méditerranée. Les plus jeunes se déplacent sur de plus grandes distances, se dispersant en Atlantique nord ou atteignant au sud les côtes d'Afrique occidentale. Un individu bagué comme poussin aux Sept-Îles en juin 1989 a ainsi été retrouvé mort en octobre de la même année en Algérie.
Le Fou de Bassan s'alimente principalement dans les eaux du plateau continental, où il capture diverses espèces de poissons et de céphalopodes, exploitant également les rejets des bateaux de pêche. Les reproducteurs peuvent parcourir plus d'une centaine de kilomètres pour trouver de la nourriture. En 1989, un adulte reproducteur des Sept-Îles, dont le plumage avait été coloré en jaune, a été observé en pêche dans le nord de l'île d'Ouessant.