Le Fulmar boréal, Fulmarus glacialis, se distingue facilement des goélands par le dessus gris de ses ailes et de son dos, ainsi que par son vol plané, ailes rigides. Avec une envergure de 1,10 m, il est plus petit que les goélands argentés dont l'envergure atteint en moyenne 1,40 m. Son bec est très caractéristique, avec deux narines tubulaires proéminentes sur la mandibule supérieure, signe particulier que le fulmar partage avec d'autres espèces appartenant à la même famille d'oiseaux (puffins, océanites ou encore albatros).
Le Fulmar boréal se reproduit dans des falaises maritimes, de hauteur très variable. Dès le mois de décembre, les oiseaux commencent à occuper les sites. Il faut attendre fin avril - début mai pour que l'effectif soit maximal ; toutes les catégories d'individus sont alors présentes, qu'il s'agisse des futurs reproducteurs ou des non-reproducteurs à la recherche d'un site. Comme chez d'autres espèces de la même famille (puffin et océanite), l'assiduité diminue ensuite jusqu'aux premières pontes : c'est ce que l'on appelle l'exode préposital (ou « lune de miel »). Ce sont les femelles qui s'absentent le plus longtemps, ce qui leur permet d'accumuler les réserves énergétiques nécessaires à la reproduction. L'œuf unique est généralement pondu dans la deuxième quinzaine de mai, à même le sol sur des corniches herbeuses, terreuses ou rocheuses. L'incubation dure 50 jours environ, et le jeune s'envole à l'âge de 6 à 8 semaines (fin août - début septembre).
Le fulmar s'alimente en haute mer, principalement en bordure du plateau continental, sur des fonds de 200 à 1 000 mètres. Son régime alimentaire est surtout constitué de zooplancton et de céphalopodes, mais l'espèce à des mœurs nécrophages et exploite également les rejets de pêche derrière les chalutiers (espèces non commercialisables, viscères et débris divers).
Les plus jeunes individus passent les premières années de leur existence en haute mer, se dispersant sur tout l'Atlantique nord avant de revenir progressivement à proximité des colonies.