Du haut de ses 40 centimètres, le Guillemot de Troïl, Uria aalge, est le plus grand des trois alcidés se reproduisant en Bretagne. En été, la tête et le dessus du corps sont brun chocolat, paraissant noir à distance, et le dessous est blanc. Son bec noir est long, fin et pointu. En hiver, les joues, la gorge et le menton deviennent blancs. Certains individus arborent en été un cercle orbital blanc prolongé d'une virgule blanche en arrière de l'œil. Ils appartiennent à la forme dite « bridée » de l'espèce. Quelques rares individus de ce type se reproduisent dans les colonies bretonnes.
Les premiers retours sur les sites de reproduction s'observent dès octobre - novembre et l'assiduité des oiseaux s'accroît progressivement jusqu'au début de la période de ponte. L'espèce occupe des corniches de falaises maritimes. L'œuf unique est pondu à même la roche, sans la moindre ébauche de nid, entre le début avril et la mi-juin, et l'incubation dure quatre à cinq semaines. Vers trois semaines, le jeune ne pèse encore que le quart du poids de ses parents et il est dans l'incapacité de voler, la croissance de ses ailes n'étant pas terminée. C'est pourtant à cet âge qu'il va s'élancer dans le vide, et rejoindre ses parents sur l'eau. Seul le père semble assurer l'élevage du jeune en mer pendant deux à trois mois avant sa totale indépendance. La femelle, quant à elle, revient régulièrement sur la corniche pendant trois semaines avant de repartir aussi en mer.
En période internuptiale, la dispersion des alcidés est très complexe avec, selon les colonies d'origine, des mouvements orientés plutôt vers le sud ou plutôt vers le nord. Comme ceux des colonies de la mer Celtique, les guillemots bretons tendent probablement à se déplacer vers le sud. Les guillemots adultes restent généralement à proximité des colonies. Les plus jeunes individus, par contre, s'éloignent davantage, jusqu'en Méditerranée pour certains originaires des colonies de mer d'Irlande et de la Manche. L'espèce ne fréquente que rarement la très haute mer, au-delà du plateau continental. En outre, la baie du Mont-Saint-Michel apparaît comme une zone importante pour le stationnement de l'espèce en juillet (rassemblements d'adultes accompagnés de jeunes, probablement originaires du cap Fréhel et de Cézembre, voire des îles anglo-normandes).
L'alimentation du guillemot est quasi totalement constituée de poissons (lançons, sprats, harengs). Les proies sont capturées en plongée, le guillemot s'aidant de ses ailes pour se propulser et de ses pattes comme gouvernail. L'espèce est capable de descendre au-delà de 100 mètres. Les zones de pêche ne sont généralement distantes que de quelques dizaines de kilomètres des colonies.