Climat à RennesA l’origine des inondations, il y a toujours des pluies importantes.
En Bretagne, les hauteurs moyennes mensuelles de précipitations, bien que légèrement minimales en été, varient assez peu au cours de l'année. Par contre le régime est différent : averses brèves et localisées en été avec de fortes intensités pouvant causer des inondations sur de petits bassins imperméabilisés ; fronts pluvieux très étendus et précipitations moins intenses mais de longue durée en hiver, responsables des crues sur les grands bassins versants. En Bretagne, l’inondation est en général le résultat de précipitations hivernales régulières et plus abondantes que la normale.
ma commune face au risque inondationLa nature peu perméable du sous-sol breton (schistes briovériens, schistes et grès primaires et dans une moindre mesure granites et roches métamorphiques) favorise la concentration des eaux en surface d’où la présence d’un chevelu très dense de
rus, ruisseaux, et rivières. L’eau de surface est donc omniprésente sur le territoire breton. Ainsi, plus d’une commune sur cinq (230 sur 1268) en Bretagne est concernée par le risque d’inondation. C’est de loin le risque naturel le plus fréquent, devant les feux de forêts, les séismes, les mouvements de terrain et les tempêtes. Les villes situées dans les vallées le long des principales rivières bretonnes sont inondables. En Ille-et-Vilaine, 101 communes sont concernées (30 % des communes du département), elles sont 64 dans le Morbihan (autour du Blavet et de l’Oust), 47 dans le Finistère (Odet, Ellé, Aulne, Elorn et Jarlot) et 18 dans les Côtes d’Armor. La superficie inondable estimée à environ 600 km
2 ne représente toutefois que 2 à 3 % du territoire régional.
Deux situations géographiques fort différentes distinguent l’est et l’ouest du territoire breton faisant que les inondations ne vont pas les toucher de la même manière :
- à l’est, le bassin de la vilaine dont la surface totale est de l’ordre de 10 000 km2 avec des caractéristiques spécifiques : barrage en estuaire interdisant la remontée des marées (mais pouvant arrêter tout écoulement pendant les hautes eaux), pente avec des profils successifs bien marqués, géologie elle aussi bien marquée entre les granites (sols perméables) et les schistes (sols plus imperméables). Ces paramètres géomorphologiques sont à l’origine d’une plaine bien étendue où, en cas de forte montée des eaux, l’inondation se fera lentement ;
- à l’ouest, les bassins des petits fleuves côtiers : le plus grand est de l’ordre de 2000 km2 (le Blavet) ; chacun a sa vie propre en fonction des phénomènes météorologiques qui peut l’affecter. Ils se caractérisent généralement par de fortes pentes, peu de zones de stockage des eaux en amont et sont souvent soumis aux effets des marées. Dans ce type de bassins, la propagation amont - aval des inondations est souvent beaucoup plus rapide.
Historique : les crues du siècle en Bretagne
Les crues ne sont pas des phénomènes périodiques réguliers. Une crue centennale n’est pas une crue qui revient tous les cent ans mais une crue qui présente un risque sur cent, chaque année, d’être atteinte ou dépassée.
Depuis la fin du XIXe siècle, les crues les plus mémorables se sont produites à (source Diren) :
- Morlaix en 1880, 1883, 1910, 1925, 1974 et 1990,
- Quimper en 1925, 1945, 1966, 1974, 1990,
- Châteaulin en 1846, 1925, 1966, 1974, 1982, 1990, 1994,
- Quimperlé en 1925, 1966, 1974, 1990, 1993,
- Pontivy en 1878, 1880, 1883, 1925, 1950, 1974,
- Rennes : 1881, 1910, 1966, 1974, 1981,
- Redon : 1936, 1988,
- St Brieuc : 1973
En 1995, pendant la deuxième quinzaine de janvier, la Bretagne a subi les assauts successifs de fronts pluvieux engendrant une pluviométrie exceptionnelle tant en intensité (70 millimètres par jour à Rennes) qu'en hauteur cumulée. La durée et l'intensité des pluies génèrent des volumes d'eau très importants, notamment à l'aval, près des estuaires où sont implantés la plupart des villes bretonnes et où l'écoulement est freiné par les marées.
Inondation en BretagneEn 2000-2001, les inondations et coulées de boues qui ont touché une grande partie du territoire breton ont fait suite à des précipitations quasi constantes sur une longue période qui ont saturé en permanence les sols et entraîné un écoulement très important des eaux de pluies vers les rivières. En juillet 2000 à Rennes, les pluies ont atteint trois fois la normale. Puis, les fortes pluies du 18 et 19 septembre 2000 ont marqué le début d’une période pluvieuse quasi ininterrompue jusqu’en mars 2001 sur toute la Bretagne. En novembre 2000, on enregistre des records de pluies : 259 mm à Quimper, 213 mm à Landivisiau. Les précipitations plus intenses des 11 et 12 décembre ont dépassé 100 mm sur le centre de la Bretagne. Du 31 décembre au 5 janvier, il a plu de 100 à 200 mm sur la majeur partie du Morbihan, sur le sud-est du Finistère, le sud des Côtes d’Armor et le sud-ouest de l’Ille-et-Vilaine. Au total en 4 mois, de septembre à janvier, il est tombé plus de 1000 mm, soit plus de 80 % d’une pluviométrie annuelle normale ou encore deux à trois fois la pluviométrie normale pour cette période de l’année.