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INVERTÉBRÉS CONTINENTAUX

édito

Sommaire

Deux menaces : pesticides et fragmentation de l'habitat

En Bretagne, comme ailleurs, les pesticides sont une des causes de disparition des invertébrés. Il s'agit aussi bien d'insecticides utilisés pour lutter contre des espèces dites « indésirables » que d'herbicides qui contaminent indirectement les invertébrés phytophages ou leurs prédateurs. Ces produits sont désormais utilisés massivement en milieu rural comme en ville, dans des espaces collectifs (parcs, infrastructures de transport) et individuels (jardins). Pulvérisés en milieu aérien, ils se déposent sur le sol et sont emportés par les eaux de pluie vers les cours d'eau. Souvent peu sélectifs, ils détruisent aussi bien des invertébrés volants et terrestres, qu'aquatiques.

A cette menace chimique s'ajoute celle de la destruction ou de la modification des habitats. Les invertébrés sont sensibles à la fragmentation des milieux, à l'appauvrissement de la biodiversité (montée de la monoculture, notamment en maïs), et à la pollution chronique. L'Argyronète, par exemple, est une araignée aquatique qui colonise exclusivement les mares ou les étangs non pollués.

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1111399104-vignette-grande-nebrie-des-sables.jpgGrande Nébrie des sables
A la petite taille des invertébrés s'ajoutent les exigences spécifiques d'espèces qui ne se développent que dans certains micro-habitats. Ainsi le Pique-prune ne vit que dans de vieux arbres creux, la Grande Nébrie préfère, quant à elle, les laisses de mer (varech et algues déposées lors des fortes marées). Or les habitats ou micro-habitats sont de plus en plus menacés, en particulier dans les zones humides et les zones littorales, très riches en biodiversité. Le ramassage du bois mort en forêt limite l'implantation d'espèces saproxylophages. Par un nettoyage abusif des plages, on ne supprime pas seulement les laisses de mer et les bois échoués, mais aussi la faune associée composée surtout de détritiphages qui fragmentent la matière organique. Cette dernière sert de nourriture aux mollusques et aux vers de bas de plage et permet d'implantation des premiers végétaux en haut de plage

Espèces déterminantes pour la Bretagne

Le Gretia a évalué la valeur patrimoniale régionale des invertébrés en considérant les espèces rares, protégées ou menacées, les espèces endémiques ou dont la limite de répartition se situe en Bretagne, et les espèces fréquentant des milieux de fort intérêt patrimonial eux-mêmes rares ou menacés. Il s'agit, par exemple, des tourbières, des vasières), des landes et des dunes. Sur les 1 183 espèces d'invertébrés étudiées, 351 apparaissent comme déterminantes en Bretagne.

Tableau 2 : Premier inventaire des espèces déterminantes bretonnes (Extrait des Invertébrés continentaux de Bretagne)
Nom du taxon Nombre d'espèces Espèces déterminantes régionales
national régional Nombre %
Annélides Lumbricidés 175 33 10 30,3
Arachnides Aranéides 2 113 495 147 29,7
Odonates 87 58 23 39,6
Orthoptères 215 61 31 50,8
Hémiptères Miridés 516 174 36 20,7
Diptères Syrphidés 500 163 62 38,0
Lépidoptères Rhopalocères 237 106 27 25,5
Lépidoptères Zygaenidés 28 3 1 33,3
Coléoptères Laparostici 181 76 7 9,2
Coléoptères
Carabidés Carabinés
90 14 7 50,0
TOTAL 4 142 1 183 351 29,7

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1111399107-vignette-pique-prune-ou-barbot.jpgPique-prune ou Barbot
Parmi celles-ci, 45 espèces d'invertébrés terrestres (2 mollusques, 1 crustacé, 1 araignée et 41 insectes) sont considérées comme menacées  [1]. En caractérisant la valeur ou l'état de conservation de milieux de fort intérêt patrimonial, les espèces déterminantes pourraient être utilisées comme bio-indicateurs de leur évolution.

Ce premier travail a permis de faire un bilan sur 65 groupes d'invertébrés relativement bien connus. Toutefois, beaucoup de groupes, comme les nombreuses familles de diptères, d'hyménoptères ou de coléoptères, restent encore à étudier. Parallèlement à la poursuite de ce bilan des connaissances, le Gretia travaille aujourd'hui sur un état des lieux de la présence du Pique-prune (espèce protégée par la directive Habitats) en Bretagne et l'étude du cortège d'espèces de deux milieux patrimoniaux : les tourbières et landes humides, ainsi que les dunes.

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