Les analyses polliniques ont révélé que la toundra dominait en Bretagne, à la fin du dernier épisode glaciaire, il y a 12 000 ans. La quasi-totalité des espèces de l'époque a disparu ou a migré vers des contrées plus froides, lors du réchauffement climatique. La plupart des peuplements végétaux que l'on trouve, aujourd'hui, dans notre région sont le résultat de migrations plus ou moins récentes, au gré des moyens de dissémination des plantes et de leurs exigences écologiques.
Sphaignes mélangées à des mousses
La répartition de la végétation est conditionnée par la géologie et le climat bretons, eux-mêmes liés au statut de péninsule de la région. Globalement, les roches sont plutôt siliceuses (grès et granite), les sols acides, essentiellement limoneux, et le climat océanique. Il existe pourtant des subtilités géographiques au sein de ces grandes tendances. Ainsi, la Bretagne occidentale est fortement soumise à l'influence atlantique ; la flore et les communautés végétales y sont très hygrophiles, tandis que la zone de Haute-Bretagne/Bas Maine présente une flore atlantique moins marquée et plus banale au profit d'espèces de la flore médio-européenne, eurosibérienne et eurasiatique. La frontière entre ces deux zones est délimitée par la présence ou l'absence de l'ajonc de Le Gall, espèce caractéristique des landes atlantiques occidentales, remplacé plus à l'est, par l'ajonc nain.
La rareté des sols calcaires est un autre caractère très important typiquement breton. Hormis quelques petits bassins des environs de Rennes et de minuscules lentilles isolées, les sols sont généralement constitués à partir de roches siliceuses. Ils entravent l'expansion des plantes calcicoles d'origine continentale ou méditerranéenne, qui se réfugient parfois dans l'étroite bordure de dunes et de marais littoraux, rendus propices à leur développement par l'apport des sédiments coquilliers.
Flore et milieux
La grande diversité des milieux en Bretagne donne à la région une extraordinaire richesse floristique. Chaque milieu naturel abrite une flore caractéristique. Les zones humides, les milieux littoraux et les formations herbeuses sont de loin les plus riches en espèces végétales. Avec 12 % seulement du territoire régional, la forêt reste une source de biodiversité végétale non négligeable (20 % de la flore régionale). En revanche, dans les landes non littorales la diversité des espèces est faible. Cependant, ces milieux naturels rares sont très intéressants au plan du patrimoine naturel et paysager: ils accueillent des espèces très peu communes, par exemple, les hyménophylles (fougères) sur certains affleurements rocheux.
37 plantes prioritaires en Bretagne
Plantes et protections
Parmi les 1 664 plantes "supérieures" bretonnes recensées en 1996 (les algues, les mousses et les lichens ne sont pas pris en compte), 334 (20 %) sont considérées en voie de disparition dans leurs localités. Parmi celles-ci, 37 plantes à fleurs et fougères sont jugées prioritaires en Bretagne en raison de leur très haute valeur patrimoniale pour la région et font l'objet d'un plan de sauvegarde. Elles sont suivies par le Conservatoire botanique national de Brest (CBNB). Ces 37 espèces se répartissent inégalement sur le territoire régional mais les trois-quarts de ces plantes sont littorales (carotte de Gadeceau, aster d'Armorique, etc.), voire ne se rencontrent que dans les îles (narcisse des Glénans, linaire grecque). Grâce aux campagnes d'inventaire, de nouvelles localisations de plantes sont découvertes chaque année, améliorant ainsi les connaissances botaniques régionales.