Des landes primaires et secondaires
Bruyère cendrée
Il existe deux types de landes : celles dites primaires ou climaciques qui s'installent naturellement sur les falaises littorales et les dunes, impropres à l'établissement d'arbres ; et celles dites secondaires, à l'intérieur des terres et issues d'une déforestation plus ou moins ancienne, qui s'étendent sur de vastes étendues (monts d'Arrée, Paimpont, Lanvaux, etc.) ou dans de petites parcelles.
Les landes atlantiques sont classées habituellement selon l'humidité du sol. C'est ainsi que trois grands types de landes ont été définis, chacun, caractérisé par la présence dominante ou exclusive d'un espèce de bruyère :
- la lande sèche à bruyère cendrée,
- la lande mésophile à bruyère ciliée,
- la lande humide à bruyère à quatre angles.
D'autre part, les variations du climat régional influent sur la répartition des autres espèces végétales rencontrées dans les landes. Ainsi, l'ajonc nain présent en Haute-Bretagne est remplacé par l'ajonc de Le Gall dans les landes de Bretagne occidentale (où le climat est plus doux, notamment en hiver).
L'importance des pratiques humaines
Alors qu'il était de coutume, jusqu'au milieu du XIXe siècle, que tous les habitants d'une commune utilisent les landes toute l'année, l'aube du XXe siècle a vu les usages changer et les landes ont été partagées en de multiples parcelles.
Bruyère ciliée
La composition floristique des landes et leur physionomie dépendent, comme pour tous les milieux, du sol et du climat, mais les landes ont aussi la particularité d'être fortement influencées par les modes de gestion mis en œuvre :
- le pâturage et le piétinement favorisent les diverses graminées (molinie, agrostide) au détriment des bruyères et des ajoncs,
- la fauche et l'exportation de la litière privilégient le maintien des landes rases à bruyères. Elle limite le développement des ajoncs assurant leur plus grande diversité biologique,
- les feux limités à la couverture végétale (feux courants) ont les mêmes effets que la fauche. S'ils sont répétitifs, ils avantagent les plantes résistantes aux incendies telles que la molinie, la fougère aigle, etc.
- les feux d'humus sont en revanche, beaucoup plus dévastateurs, et peuvent entraîner la destruction pure et simple de la lande. Le dépôt de cendres favorise l'implantation de communautés de mousses qui peuvent persister de très nombreuses années et empêcher la restauration de la lande.
La diversité des landes
Les landes soumises à des conditions physiques rudes (vents violents, sols peu profonds et pauvres) sont considérées comme stables. Les landes en conditions abritées et sur sols plus profonds sont susceptibles d'évoluer vers un stade préforestier (fourré) puis vers une formation boisée. Selon qu'elles évoluent vers le fourré, ou au contraire vers une physionomie de pelouse (végétation rase), l'évolution est qualifiée de progressive, ou a contrario de régressive.
Azuré des mouillères
La vie animale est plus ou moins associée aux landes, en fonction de leur composition floristique et de leur physionomie. Alors que les orthoptères (criquets, sauterelles, etc.) sont liés à la structure des landes d'autres animaux comme les lépidotères sont dépendants d'espèces végétales. Ainsi, l'Azuré des mouillères (Maculinea alcon) est un papillon dont le cycle de vie est indissociable des landes tourbeuses. Ses chenilles vivent dans les fleurs de gentiane pneumonanthe et se nourrissent des graines en cours de formation, au cours des 3 premiers stades de leur développement. Puis, elles tombent sur le sol et sont récupérées par des fourmis rouges du genre Myrmica, également liées aux landes tourbeuses, qui les emportent dans leur fourmilière comme le seraient leurs propres larves égarées à la surface du sol. Dans la fourmilière, les larves du papillon achèvent leur croissance en se faisant nourrir par les fourmis ouvrières. Les chenilles, quant à elles, produisent un miellat qui augmenterait la survie de leurs hôtes, en période de disette. Elles se transforment ensuite en chrysalides et émergent à la mi-juillet de l'année suivante.
Fauvette pitchou
D'autres habitants des landes comme certains oiseaux recherchent un milieu ouvert ; la linotte mélodieuse et la fauvette pitchou, utilisent l'ajonc pour nicher, le traquet pâtre, le busard cendré,le courlis cendré (qui nichent à terre dans la lande basse humide), trouvent également dans la lande une nourriture diversifiée et notamment un grand nombre d'invertébrés : décomposeurs de la matière organique de la litière (larves de diptères), acariens, collemboles, insectes floricoles, punaises, criquets, sauterelles, araignées et insectes prédateurs.
Parfois en secteur littoral, la faune joue aussi un rôle sur la physionomie de la lande. C'est le cas du port en boule ou en coussinet des ajoncs d'Europe, qui n'est pas seulement le résultat d'une adaptation aux effets du vent et des embrums, mais peut également être lié au broutage des jeunes pousses par les lapins.