Qu’est-ce que le bois-énergie ? C’est l’ensemble des bûches, plaquettes, écorces, sciures, copeaux, chutes, briquettes et granulés utilisés comme combustibles. Il y a celles que l’on connaît depuis toujours : les bûches. Elles représentent 90 % de la filière et l’essentiel du stock vient des forêts, dans une moindre mesure du bocage. Les plaquettes sont les petites nouvelles du bois-énergie et leur utilisation n’a réellement démarré - hormis les industries du bois qui les utilisaient déjà pour leurs propres besoins de chaleur - que depuis une dizaine d’années. Issues des déchets de l’industrie du bois ou de produits en bois en fin de vie ou usagés mais non souillés, elles ne représentent aujourd’hui que 10 % du marché. Enfin, s’il existe désormais des producteurs et des distributeurs de granulés, ce conditionnement est encore peu développé dans la région.
En Bretagne on estime que la ressource bois-énergie équivaut à quelques centaines de milliers de tonnes équivalent pétrole. Cela permet de couvrir entre 5 et 15 % des besoins actuels en énergie, hors transports et électricité spécifique.
Chaudière boisCe sont les ménages qui utilisent, sous forme de bûches, la plus grande part du bois-énergie. Mais depuis une dizaine d’années grâce au plan Bois-Energie régional, les collectivités, les entreprises et les exploitations agricoles sont de plus en plus nombreuses à investir le domaine du bois déchiqueté. Aujourd'hui, 80 000 tonnes de bois par an alimentent plus d’une centaine de chaudières disséminées dans toute la Bretagne.
Il s’agit d’une énergie renouvelable ayant un impact neutre sur l’effet de serre à condition que les prélèvements ne dépassent pas l’accroissement biologique naturel, ce qui est le cas en France où la biomasse boisée est en augmentation constante. La quantité de CO2 libérée par la combustion est compensée par celle piégée lors de la photosynthèse par les arbres en pleine croissance. Une autre particularité de cette énergie est qu’elle est disponible localement. Même si la forêt ne couvre que 12 % du territoire régional (contre 28 % en moyenne nationale), elle est bien répartie.
La filière bois-énergie permet de valoriser les déchets du bois qui étaient autrefois enfouis ou laissés à l’air libre. Cela contribue à l’entretien plus régulier des espaces qui sont destinés à la production de bois d’œuvre mais aussi du maillage bocager. L’état sanitaire des arbres s’en trouve amélioré et cet entretien conserve au bocage son rôle positif dans la régulation de l’eau, la biodiversité et la qualité paysagère.
Il est cependant important de noter que cette forme d’énergie n’a pas d’inconvénient particulier à condition que les prélèvements soient effectués en respectant les caractéristiques de renouvellement des gisements naturels. Ainsi, entre 1980 et 2000, le bocage a fourni des quantités de bûches excédant sa capacité d’accroissement naturel : une partie des haies coupées a tout simplement disparu sans être renouvelée.