Les taupes, les vers de terre, les araignées et les fourmis sont les habitants les plus connus du sol. Pourtant, il ne s’agit là que de la partie visible d’un gigantesque « iceberg de vie ». Car si le sol est à 95 % minéral, il grouille d’une vie microscopique essentielle à son bon fonctionnement et en particulier au développement des plantes. Cette biodiversité est non négligeable et il convient de mieux la connaître pour mieux la gérer.
Des acteurs incontournables de la fertilité des sols
Véritable usine bio-géochimique, le sol est peuplé d’innombrables ouvriers miniatures très spécialisés qui interviennent dans le recyclage et la production d’éléments chimiques clefs pour les plantes mais aussi pour l’air. Pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes aériens comme les prairies ou les forêts, de plus en plus de chercheurs s’intéressent aux mécanismes en jeu dans les écosystèmes souterrains [1]. On sait désormais que les champignons, bactéries et actinomycètes décomposent la matière organique, indispensable à la fertilité. Quelques invertébrés du sol et de la litière, comme les vers de terre, mais surtout les microorganismes recyclent une partie des éléments nutritifs tels que l’azote ou le phosphore et les rendent disponibles pour les racines. Les microorganismes contrôlent aussi les échanges de gaz carbonique avec l’atmosphère et participent à la séquestration du carbone dans le sol. Les invertébrés fouisseurs, grâce au réseau de galeries qu’ils creusent, aèrent le sol et favorisent le drainage de l’eau. Certains microorganismes peuvent décontaminer un sol pollué, en particulier par des hydrocarbures, car ils ont la capacité de dégrader des polluants organiques. Ils s'en nourrissent et les transforment en eau et en dioxyde de carbone. C’est le cas, par exemple, des bactéries Pseudomonas ou des champignons Penicillium utilisés pour biodégrader des hydrocarbures aliphatiques [2].
Si elle est essentielle au bon fonctionnement des sols, l’activité biologique souterraine est aussi au cœur de la relation sol/plante. Les fourmis, les mycorhizes et les microorganismes situés au niveau des racines peuvent vivrent en symbiose avec les plantes. Ainsi, les rhizobia sont des bactéries qui infectent les racines des légumineuses et forment des nodosités là où l'azote de l'air est fixé, satisfaisant l'essentiel des besoins en azote de la plante. L’association d’une légumineuse avec d’autres plantes fourni de l’azote et évite d’utiliser des engrais.