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POISSONS D'EAU DOUCE

édito

Les glaciations du quaternaire ont considérablement appauvri la faune bretonne en espèces de poissons purement d’eau douce. Des espèces qui n’ont d’ailleurs pas achevé de recoloniser les milieux aquatiques de la région. Isolée du continent mais en interaction forte avec l’océan, la Bretagne est en revanche un « conservatoire » pour les poissons migrateurs. Ils sont considérés vulnérables et souffrent de la forte artificialisation des cours d’eau de la région.

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La Bretagne, un « conservatoire » de poissons grands migrateurs

http://www.bretagne-environnement.org/photo/1071668631-vignette-.jpgSaumon juvénile
Ce sont probablement les grands migrateurs, comme le Saumon atlantique, la Truite ou l’Anguille d’Europe, qui constituent la plus forte singularité de la faune piscicole dans la région. Ils passent une partie de leur vie en mer et l’autre en eau douce. Ils bénéficient des nombreux cours d’eau bretons en contact direct avec la façade maritime. A ce titre, la Bretagne est l’une des principales régions françaises en terme de diversité et de densité d’espèces migratrices. Elles sont pourtant en régression depuis le début du XXe siècle car menacées par tout ce qui les empêche de circuler, en particulier les barrages qui morcellent les rivières et fragmentent leur aire de répartition.

Les grands migrateurs sont pour la plupart considérés « vulnérables » dans le livre rouge des espèces menacées de poissons d'eau douce de France et inscrits dans l‘annexe II de la directive Habitats – faune- flore. Ce n’est qu’en maintenant ou rétablissant la libre circulation des migrateurs mais aussi en réhabilitant les cours d’eau modifiés (frayères à Saumon et Lamproie, zones de marais et plaines alluviales pour le grossissement de l’Anguille, etc.) que leurs populations pourront se maintenir. La Bretagne a de ce point de vue une responsabilité qui dépasse largement ses frontières.

D’autres espèces de poisson strictement d’eau douce cette fois, comme le Brochet et la Lamproie de Planer, sont aussi classées « vulnérables ». Le Brochet souffre du fractionnement et de la destruction de ses habitats de reproduction, situés principalement dans les plaines alluviales. Sous l’emprise forte des cultures et dans le but de limiter les expansions des crues, ces zones humides sont altérées par la chenalisation des grands cours d’eau. La rupture de la continuité avec le lit mineur des fleuves conduit à leur assèchement. Maintenir la présence du Brochet, rare à l’échelle régionale, passe par la réhabilitation des zones humides alluviales et par la remise en fonctionnement de la connection entre le lit mineur et ses annexes fluviales. Ce type d’action devrait également bénéficier aux batraciens, aux insectes et aux oiseaux.

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