Parmi les premières régions agricoles de France, la Bretagne possède un véritable capital « sols », mais celui-ci est fragile et peu renouvelable.
Avec plus de 1 689 600 hectares de terres agricoles en 2000 (soit environ 60 % du territoire breton), les sols sont une ressource cruciale pour la Bretagne. Ils ont une vocation principale de production agricole et sylvicole et assurent le développement de la végétation naturelle, support de la biodiversité. Mais le sol est aussi un réacteur biologique qui assure de nombreuses fonctions environnementales.
Programme Sols de Bretagne
En ralentissant l'écoulement de l'eau de pluie qu'ils absorbent partiellement, les sols participent de la prévention des inondations et des coulées de boue. Ils jouent un rôle de filtre et stockent en partie des molécules introduites par l'Homme (éléments nutritifs, métaux lourds, produits phytosanitaires, etc.). Pour cette raison, ce sont des acteurs indirects de la qualité de l'eau. De même, les sols contiennent de grandes quantités d'atomes de carbone et d'azote, deux éléments chimiques à la base de la matière organique vivante et morte. Sièges de nombreux échanges et de transformations chimiques, ils participent de ce fait aux cycles planétaires de ces deux éléments essentiels à la vie, affectent le climat et la qualité de l'air par le biais de l'effet de serre ou des pluies acides.
S'il faut plusieurs siècles voire plusieurs milliers d'années pour former un sol, peu de temps suffit pour le dégrader, parfois de manière irréversible. Les sols sont soumis à des pressions naturelles (érosion par les pluies et le vent) et, de part ses nombreux usages, à des pressions humaines (pratiques culturales intensives, apports d'éléments minéraux et organiques), sources de multiples dégradations : tassement, acidification, altération de la dimension biologique des sols, appauvrissement en matière organique, concentration de polluants, disparition d'espèces. Pourtant, à la différence de l'air et de l'eau, le sol n'est pas reconnu comme un patrimoine collectif et son usage reste majoritairement du ressort du droit privé.