Vison d'AmériqueQuel est le point commun entre le
Rat musqué, le
Ragondin et le Vison d’Amérique ? Tous ont été introduits en France pour le commerce de leur fourrure, et tous envahissent désormais les milieux aquatiques et les zones humides de cette terre d’accueil accidentelle. C’est dans les années 1920 que le Vison d’Amérique (
Mustela vison) est arrivé dans l’Hexagone. A partir des années 1960, ce petit Mustélidé a fait souche dans le milieu naturel, notamment dans la région bretonne dont il occupe aujourd’hui presque l’ensemble du réseau hydrographique.
Petit carnivore, le Vison d’Amérique est légèrement plus grand et plus corpulent (550 g à 1 kg pour les femelles ; 800 g à 2 kg ou plus pour les mâles) que le Vison d’Europe (400 à 650 g pour les femelles ; 600 g à 1,2 kg pour les mâles), une espèce menacée d’extinction en France avec laquelle il est souvent confondu. Tous deux de couleur le plus souvent brun-chocolat, ils se distinguent par la tâche blanche qu’ils portent à la pointe du museau ; elle déborde jusqu’à la lèvre supérieure chez le Vison d’Europe, ce qui est plus rare chez son cousin américain. Les mâles et les femelles vivent séparés pendant l’année. Ils s’accouplent en février-mars, et les naissances se déroulent d’avril à mai. En général, une portée annuelle compte de 4 à 7 petits (jusqu’à 17 en captivité !). L’espèce fréquente les milieux aquatiques et les zones humides.
Opportuniste, le Vison d’Amérique a un large spectre alimentaire. Il consomme beaucoup de petits mammifères comme les campagnols, les mulots mais aussi le Rat musqué, qui est l’une de ses proies privilégiées dans son aire de répartition naturelle. Il ne dédaigne pas les poissons ni les oiseaux aquatiques (poules d’eau, foulques, râles, canards). Sur le littoral breton, on constate qu’il peut aussi manger des Lapins de garenne, et même des oiseaux marins, particulièrement en baie de Morlaix mais aussi de façon plus ponctuelle sur les falaises du Cap Sizun. L’espèce s’aventure même sur des îlots qu’elle rejoint à la nage. Son goût pour les oiseaux peut d’ailleurs l’amener à commettre des déprédations dans les élevages avicoles, ce qui lui vaut d’être classé nuisible dans toute la Bretagne.